La période de participation est maintenant fermée. Merci à tous d'avoir participé.
lun, 03/11/2014 - 13:00 La concertation est terminée. Les débats en ligne ainsi que les commentaires sur les synthèses ont été à la base du travail des membres du Conseil national du numérique, qui préparent actuellement les recommandations au gouvernement. Les synthèses des débats, enrichies des commentaires, seront publiées en annexe du rapport.

De quoi parle-t-on ? Présentation des enjeux

Propositions dans le débat public
le 03/11/2014 - 13:00

Stratégie technologique de l'Etat et services publics

 

Le numérique constitue un véritable levier pour moderniser l’action publique et adapter les services publics aux besoins des citoyens. L’Etat peut définir une feuille de route établissant des priorités et les principes (règles d’interopérabilité, standards de sécurité, etc. ) selon lesquels organiser le réseau informatique de l'Etat et le partage d’informations. Les solutions retenues permettront d'améliorer les services aux usagers ou d'en faciliter la création.

Les pouvoirs publics peuvent impulser une nouvelle étape dans la stratégie technologique de la France. L’un des principaux enjeux consiste à maîtriser la diversité des choix technologiques des administrations en fixant un cadre commun. Pour améliorer le service rendu aux usagers, les projets pourraient valoriser les démarches agiles favorisant la collaboration entre les acteurs, l'expérimentation, l'adaptation aux usages existants et l'acceptation du changement. En outre, l’Etat peut faciliter les investissements dans les outils et les services numériques en simplifiant les procédures d’appel à projets, qu’ils soient technologiques ou non.

Quelle devrait être la feuille de route technologique de la France ? Comment mieux la communiquer aux administrations ? Quels acteurs mobiliser pour innover dans les choix d’architectures et de services numériques ?

Quels problèmes, quels défis ? Diagnostic

Proposer un problème/défi
Teddy Théodose
#3153, le 26/01/2015 - 21:25

Pour des technologies à impact social et écologique raisonné

Je suis pour des technologies à impact social et écologique raisonné et une réflexion autour du concept de "low tech".

Sylvie Péron
#3151, le 26/01/2015 - 20:32

Pour des services publics numériques : clouds, réseau social, ....

N'ayant pas confiance dans les multinationales telles que Google ou autre pour conserver mes données, je n'utilise pas leurs services.
Pourquoi n'aurait-on pas des services publics de stockage de données, au niveau de l'état ou des collectivités On pourrait avoir un espace limité, pour leque on pourrait avoir quelques explications sur le fonctionnement.

Pourquoi pas également un réseau social, des noeuds Diaspora par exemple ? C'est à dire un réseau social qui ne vous surveille pas.

et pourquoi pas des services à l'image de ce que propose Framasoft : Framadate pour organiser des réunions, Framapad pour mettre au point un texte à plusieurs, ...

Bordeaux Métropole - Direction du numérique
#3096, le 26/01/2015 - 15:51

Révision du RGI

Le RGI cadre l’interopérabilité pour l'e-administration. Ce dernier a été rédigé en juin 2009. Il paraît
donc important aujourd'hui de le revoir afin de mettre à jour les standards et normes utilisées pour
les nouveaux services numériques. Cette démarche a été par ailleurs déjà mise en œuvre pour le
RGS qui a été décliné en version 2 récemment (juin 2014).

Propositions dans le débat public  Compte vérifié
#683, le 29/10/2014 - 10:37

Maîtriser la dette technologique de l'Etat

Les services de l’Etat se sont informatisés très tôt. A l’instar d'autres grandes organisations, le renouvellement de système devenus obsolètes pour des raisons fonctionnelles ou techniques s'impose de manière régulière.

Pour répondre à ce besoin, la tentation est forte de mettre en oeuvre  des projets de grande ampleur. Ces projets massivement sous-traités s'échelonnent sur une période souvent longue. Ils n'associent pas les personnes au coeur des problématiques qu'ils traitent et ne recourent pas suffisamment aux solutions libres. De tels projets sont risqués, engendrent de nombreux coûts et ne répondent pas toujours aux besoins des usagers.

Ces projets de modernisation pourtant cruciaux sont ainsi souvent reportés au profit d’opérations plus légères et plus visibles. Ce choix ne fait qu’accroître "la dette technologique" (accumulation progressive du décalage entre les capacités des équipements des administrations et les besoins des usagers) et le risque d'erreur ou d'arrêt du service lorsque la technologie est dépassée.

Gami
#1237, le 18/11/2014 - 19:45

Adapter le logiciel libre aux besoins de l'État

Derrière ce titre provocateur se trouve un constat un peu décevant: l'État (via ses administrations et comme beaucoup d'entreprises d'ailleurs) utilise les logiciels libres comme un simple consommateur, sans penser qu'il a le pouvoir d'adapter finement beaucoup de ces briques logicielles à ses propres besoins.

D'un autre côté, une grande partie des décideurs encense le monde du libre en en reconnaissant principalement - voir uniquement - le côté gratuit, alors qu'il n'est maheureusement pas si gratuit que ça: dans la plupart des projets libres, les contributeurs (qui passent leur temps à développer et maintenir une solution logicielle) ne sont pas payés pour leurs contributions, et ont un travail à côté, ce qui limite le temps qu'ils passent sur leur projet et donc la capacité du projet à évoluer. 
Bien souvent, ces projets vivent de deux choses:

  • des développeurs, bénévoles pour la plupart (souvent la totalité), qui pour ces derniers prennent sur leur temps libre pour créer un logiciel sécurisé, fonctionnel et agréable à utiliser
  • des dons, qui servent à payer des infrastructures (serveurs,...) et si possible des développeurs

 

L'État a un grand intérêt à contribuer lui-même aux projets libres qu'il utilise, il tirera de son investissement plusieurs avantages:

  • il peut s'assurer de la sécurité du logiciel si il décide d'audits (ou plus simplement de revues du code source), élément important pour garantir la souveraineté nationale à ce niveau
  • il peut faire évoluer les fonctionnalités ou l'interface dans le sens où il en a besoin. On peut par exemple penser à développer une interface à libreoffice mieux adaptée aux besoins des fonctionnaires, participer à développer une appliance de supervision facilement déployable dans une administration,...
  • la culture du libre - dont le développement de projets (informatiques ou non) - pourra se diffuser dans les administrations et améliorer à long terme leur efficacité (travail effectué plus important à effort égal ou inférieur) ainsi que la qualité du service rendu.
  • les retombées en terme d'image de marque seront importantes: l'État français participera activement à plusieurs projets d'envergure mondiale et connus du grand public, à l'instar des grandes firmes mondiales (ou de certains gouvernements, comme les USA via le NIST ou la NSA), et sa participation servira à la fois de vitrine au savoir-faire français en la matière - plutôt important mais pas encore mis en valeur, et de marque de savoir-faire pour les représentants de la France lors de négociations internationales
  • dans le cas de traductions, la langue française se retrouvera plus profondément dans les interfaces de ces logiciels, faisant ainsi des déclinaisons pleinement françaises de logiciels en partie (ou pas du tout) traduits, pour le bonheur de la communauté francophone
Propositions dans le débat public  Compte vérifié
#681, le 29/10/2014 - 10:26

Décloisonner les projets technologiques au sein de l'administration

Les projets sont souvent pilotés de manière verticale au sein d’une administration, sans interaction approfondie avec les autres structures de la puissance publique. En effet, chaque administration a développé un socle technique pour les services publics qu'elle propose, construisant au fil du temps sa propre culture technologique.

Pour offrir des services publics plus accessibles aux usagers et simples d'utilisation, il est indispensable de raisonner plus globalement dans une démarche de "projet". Cette démarche associerait tous les acteurs internes et externes aux administrations impliqués pour la délivrance d'un service global à l'usager.

Elle implique de repenser la circulation des données nécessaire au bon fonctionnement des services publics (données publiques, données personnelles de l’usager du service public). Il est ainsi nécessaire d’encourager le dialogue entre fournisseurs de données et fournisseurs de service public pour rendre cet échange de données plus fluide.

Propositions dans le débat public  Compte vérifié
#684, le 29/10/2014 - 10:47

Centrer davantage la stratégie technologique sur les usages et les « briques » technologiques essentielles

Il est essentiel d’intégrer les besoins des usagers (facilité d’utilisation, ergonomie etc.) et des administrations concernées (interopérabilité, etc.) dans les choix technologiques pris lors de la conception de services publics. Le pilotage des systèmes d’information devrait se concentrer en priorité sur les choix d’usages et les briques technologiques essentielles.

ldubost
#1397, le 23/11/2014 - 17:24

Prendre conscience du financement des logiciels libres que l'Etat utilise

L'Etat est un grand utilisateur de logiciel libre et probablement devrait les utiliser encore plus pour tout un tas de raisons donc la souveraineté numérique, l'adaptabilité de ces logiciels, la sécurité et aussi les économies que ces logiciels permettent, cependant l'Etat va souvent trop loin dans la direction du plus bas coût avec en particulier la problématique des appels d'offres qui sont souvent un combat du moins disant en terme de prix au détriment de la qualité de la prestation ainsi que du financement des logiciels libres utilisés.

Par cette stratégie du plus bas coût, l'Etat s'engage le plus souvent avec des acteurs plus utilisateurs et commercialisateurs de logiciels libre et non producteur de ceux-ci. J'ai détaillé cette problématique dans un article (http://www.xwiki.com/lang/fr/BlogFr/ContributionFinancementRecherche).

L'Etat est pro-logiciel libre ce qui est bien mais il doit plus souvent se poser la question de la production du logiciel libre autant que de sa bonne utilisation.

Pierre Pfister
#1371, le 22/11/2014 - 10:11

Identité numérique et service public numérique pour tout les citoyens

De la même manière que chaque citoyen dispose d'une carte d'identité, tout citoyen devrait avoir le droit à l'obtention d'un moyen d'identification numérique sécurisé (certificat SSL, notamment utilisé par les pages web sécurisées). Cette identité numérique permettrait à chaque citoyen de s'identifier de manière sécurisée vis à vis des services publics et administrations, mais également de particulier à particulier, tant par le billet des sites webs ou de l'envoi d'emails authentifiés. De cette manière, les trop nombreuses démarches nécessitant un déplacement, ou l'envoi d'une photocopie de la carte d'identité, pourraient être faites en ligne.

Au même titre, chaque citoyen devrait avoir accés à une adresse email fournie par l'état ainsi qu'à un éspace de stockage sécurisé pour les documents importants (fiche de paie, déclaration d'impots, etc...).

Ces éléments formeraient le socle commun vers la numérisation progréssives des échanges entre citoyens et services publiques.

Adrien Fabre
#933, le 04/11/2014 - 00:34

Créer un réseau sociétal

Donner à chaque citoyen (dans un premier temps à chaque fonctionnaire) un compte sur un réseau qui le relierait au reste de la société. Cela serait particulièrement utile dans les relations entre administration et administrés, ou fonctionnaies.

Par exemple, le ministre de l'Éducation nationale pourrait facilement envoyé un message à tous les professeurs d'anglais du secondaire, qui le recevraient dans leur fil d'actualité.

Par exemple, lors des inscriptions à l'université ou de n'importe quelle démarche administrative, il suffirait de quelques clics pour transférer les pièces nécessaires (stockées dans un cloud sécurisé lié au compte) au service adéquat, et ainsi éviter les mois d'attente et de formalités.

Par exemple, on pourrait consulter les évènements de sa commune, et même en créer.

Gilles Bellamit
#1432, le 24/11/2014 - 12:24

Cloud d'état

De mon point de vue, la DISIC a une approche par la donnée en vue de simplifier la communication entre l'état et le citoyen. C'est un chantier long et extremement couteux mais ce ne devrait pas être le seul.
Au sein des administrations se joue la problématique de posséder en interne un cloud souverain , un cloud d'Etat. C'est une problématique d'architecture (avant que de données) et l'enjeu est maintenant pas demain sinon chaque ministère va construire son propre cloud souverain. Je souhaiterai, à titre personnel, que la DISIC fasse une offre en la matière, charge à une structure de raccrocher des bouts en fonction des opportunités. (Pas d'approche "projet global"). L'approche "solution cloud etat" simplifera l'approche "donnée"

Propositions dans le débat public  Compte vérifié
#678, le 29/10/2014 - 10:21

Rendre la mise en oeuvre des projets plus agile

Il est souhaitable que l'Etat recoure davantage à des méthodes agiles. Les pouvoirs publics peuvent cibler de façon volontariste les projets qui s'y prêtent. L'un des principaux enjeux consiste à soumettre ces projets à une évaluation continue permettant d'identifier en temps réel les éventuels dysfonctionnements et d'y apporter une réponse adaptée en mobilisant les compétences nécessaires.

Jean-Philippe Gouigoux
#1001, le 05/11/2014 - 23:16

Compléter la standardisation des domaines non couverts par une norme

Lorsque des domaines sont couverts par une norme, le respect s'impose naturellement et le consensus a tendance à se faire assez naturellement autour de certaines normes. Le Référentiel Général d'Interopérabilité est dans ce sens très intéressant car il définit clairement quelle norme l'Etat pousse, ce qui permet de se positionner facilement. Géolocalisation, protocoles d'échanges, métadonnées standards comme Dublin Core, normes de sécurité, etc. : on dispose assez facilement de normes indiscutables pour tout ce qui est "technique".

Les difficultés se posent lorsqu'on touche au "métier" : il n'y a pas de norme pour définir ce qu'est une "subvention" ou un "marché public". Les engagements financiers ne sont pas décrits par un schéma XBRL, les profils SEDA pour l'archivage ne sont pas centralisés par l'Etat, etc. Or, c'est sur la standardisation de ces entités que les gains les plus forts en termes de mutualisation seraient réalisés.

Au lieu de tenter d'homogénéiser les développements de tous les acteurs, ou d'imposer un même logiciel pour des collectivités qui n'auront jamais les mêmes approches ni ne pourront gommer leurs spécificités, la définition de standards pour tous les échanges permettrait une mutualisation effective. Les protocoles PES v2 ou PRESTO vont dans le bon sens, pourquoi ne pas étendre cette approche en l'élargissant à toutes les entités "métier" de l'action publique ?

Thierry Gaudin
#991, le 05/11/2014 - 21:04

simplification

Le numérique permet de stocker en mémoire les lois et règlements en vigueur, de stocker aussi leurs liens et de mener à bien un travail nécessaire de simplification et d'harmonisation avec les lois et règlements européens et internationaux. C'est un très gros travail et l'on peut s'étonner qu'il n'y ait pas encore de service administratif qui se soit attelé à cette tâche, laquelle concerne au premier chef, évidemment, le Conseil d'Etat et la Cour des Comptes. Ce travail est d'autant plus indispensable que Joseph Tainter a montré comment la saturation informationnelle avait causé l'effondrement de civilisations passées.

PhF Brun
#1271, le 20/11/2014 - 09:50

Avec l'Europe

L'administration française est certes un très grand employeur et utlisateur d'informatique mais il faudrait éviter qu'elle fasse des choix divergents de ses homologues en Europe. Ou du moins qu'elle comprenne et explique publiquement pourquoi elle en fait. Faire la réflexion avec l'Allemagne et peut-être un autre de nos voisins serait une façon d'éviter des divergences et de choisir des solutions pertinentes.

En particulier sur les moteurs de recherche à utiliser, à mettre par défaut sur les navigateurs installés sur les micro-ordinateur des fonctionnaires, il semble qu'une réflexion globale ne ferait pas de mal par rapport à la situation actuelle (je n'ai pas trouvé de réflexion sur ce sujet à ce jour au niveau de l'administration d'Etat).

 

relai ville de brest
#2210, le 16/12/2014 - 17:22

Pérenniser l'information numérique

Pour que la donnée soit pérenne il serait nécessaire de définir un cadre normatif afin d'en assurer l'exploitabilité dans le temps. Le cycle de vie de la donnée doit être défini dès sa création dans une perspective de dématérialisation de bout en bout, soit jusqu'à son archivage à valeur probatoire.

Twitter_Archivistes_AAF
#2530, le 05/01/2015 - 15:40

Stratégies technologiques et cycle de vie des données

Présentation du défi/problème

L’immédiateté et l’efficacité sous-tendue par le numérique ne doivent pas faire oublier que les données, au-delà de leur usage, à un instant T, comme instrument d’efficience dans la gestion des politiques publiques ou comme outil de contrôle citoyen par exemple, sont aussi (et en premier lieu) des preuves des actes, faits et décisions des administrations, des organisations qui les ont produites. L’administration a obligation de conserver les données qu’elle produit, comme moyen de preuve, pendant des durées parfois très longues (et en tous les cas, plus longues que la durée de vie des supports et des formats). Les citoyens quant à eux doivent pouvoir accéder, dans la durée, aux données produites par l’administration pour faire valoir leurs droits, le cas échéant. Par ailleurs, certaines données, seront conservées sans limitation de durée, sous la responsabilité des Archives (services publics des archives) au titre de notre mémoire collective, de notre patrimoine commun.

Le maintien dans le temps de l'intégrité, la lisibilité et de l’accès aux données est garant de nos pratiques démocratiques. Pour être complète, la transformation numérique de l’action publique doit prendre en compte cette dimension et s’inscrire dans une démarche d’efficience au quotidien de l’action publique mais aussi d’efficience sur le long terme en permettant aux citoyens d’accéder à des données de qualité (authentiques, fiables, c’est-à-dire de confiance) pendant de nombreuses années, quelles que soient leurs motivations.

Que serait notre société de demain sans mémoire de l’action publique et des hommes d’aujourd’hui ?

 

Solutions :

- Veiller à l’équilibre entre mémoire, histoire et oubli : s'assurer de l'harmonisation des textes : lois CADA et CNIL, code du Patrimoine : veiller entre autres à la prise en compte de l'archivage dans la future application nationale du projet de règlement européen sur les données personnelles.

- Prendre en compte le cycle de vie de la donnée dans l'ensemble des projets de dématérialisation en intégrant la gestion des archives, non pas en tant qu'outil, mais en tant que système concourant à la transparence de l'action administrative dans les grands projets de l’Etat.

- Etablir, en miroir au privacy by design pour les données à caractère personnel, un Lifecycle management by design ou au moins prévoir une sortie de la donnée et de ses métadonnées dans les outils garantissant son authenticité/intégrité etc.. prévoir également d'intégrer la problématique de la réversibilité dans les outils proposés.

- définir un set de métadonnées indispensables et obligatoires pour qualifier les données produites dans le secteur public et s’assurer de leur fiabilité, authenticité, exploitabilité.

- Renforcer le caractère obligatoire et contraignant de certaines exigences du Référentiel général d’Interopérabilité (exigences liées à l’archivage, aux formats, etc.)

- Assurer la sélection des données (on ne peut et on ne doit pas tout garder!) en réaffirmant l'importance essentielle de l'élimination de données publiques, codifiée au code du Patrimoine, dans la transparence, et ce avec le concours du contrôle scientifique et technique, qui agit en tant qu'autorité de contrôle.

- Formaliser les rôles et le partage des responsabilités en complétant, détaillant et surveillant l'application de la circulaire du 2 novembre 2001 relative à la gestion des archives (qui ne sépare pas gestion des archives au format papier de la gestion des archives électroniques), ou en renforçant sa portée par adoption dans la loi ou codification (et création d'un chapitre spécifique avec correspondant sur la gestion, la conservation et la communication des données dans les administrations). Par ailleurs, un accompagnement des structures dans la création de postes dédiés est nécessaire.

- Former les futurs professionnels manipulant des données aux enjeux de qualité, de fiabilité et d'éthique  par des cours ou des séminaires dans les master proposant des métiers autour de la création et la manipulation des données, et en sensibilisant les étudiants à la notion de gestion du cycle de vie et de qualité ainsi qu'à une gestion éthique des données (prise en compte des données à caractère personnel, notamment les risques d'identification par croisement de fichiers).

- Renforcer le dialogue avec les éditeurs du marché, sur un socle minimum d’exigences, en proposant la certification de systèmes aux normes permettant la transparence : les normes concourent à la transparence administrative par l’adoption de processus standardisés, uniformes, et accessibles aux citoyens, les outils doivent en faire de même.

Eutelsat  Compte vérifié
#2325, le 18/12/2014 - 17:43

Assurer la couverture Internet de 100% des administrations

Prochainement, certains actes administratifs (pièces comptables) ne pourront plus être transmis par les collectivités locales à l’Etat que de façon dématérialisée. Certaines collectivités locales demeurent connectées à des débits insuffisants pour prendre ce tournant (petites mairies en milieu rural). Le recours au satellite, solution dès aujourd’hui opérationnelle pour apporter le haut débit, permettrait de résoudre cette problématique.

Il existe d’ores et déjà des initiatives de groupements de commandes pour des bureaux virtuels impliquant la technologie satellitaire. Le satellite peut être utilisé pour le transport de données, en complément d’un réseau DSL existant. Cette forme d’hybridation est valable pour des profils d’administrations au-delà des seules administrations situées en « zone blanche » des réseaux terrestres.

Au-delà, Eutelsat est volontaire à participer à l’élaboration des maisons de service au public, dans le but de garantir que ces maisons, dont la localisation a vocation à être distante des centres urbains, puissent être connectées et puissent ainsi apporter les services numériques escomptés par la puissance publique en lien avec les opérateurs partenaires du dispositif.

azerty
#1154, le 15/11/2014 - 09:15

Organisation de sommets numériques.

À l'heure ou les économies budgétaires sont de mise, il serait temps que l'Etat adopte les outils du numérique dans l'organisation de sommets, qui coûtent une fortune au contribuable.

Il conviendrait donc que ces sommets ne fassent plus l'objet de grandes réunions physiques, très coûteuses, mais numériques, au travers d'outils de communications électroniques semblables à Skype (sécurisés, en revanche). 

Ainsi, non seulement l'Etat s'adapterait enfin à son siècle en la matière, mais une telle mesure serait en phase avec les articles 14 et 15 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen

Xipad
#1358, le 21/11/2014 - 23:41

Mobiliser la CNIL

L'utilisation des technologies engendre de plus en plus de traitement de données à caractère personnel.

La CNIL devrait donc être parmis les acteurs à mobiliser lors des décisions prises à un niveau étatique, elle pourrait indiquer si tel ou tel choix d'architecture ou de services présente un risque pour le respect de la protection des données en exprimant un avis motivé et public.

FNCCR
#2910, le 23/01/2015 - 15:37

Numérique et gouvernance territoriale : Mutualisation : des conditions nécessaires

La mutualisation, c’est surtout et avant tout, pour l’Etat, la nécessité de créer les conditions de cette mutualisation : des référentiels communs et appliqués par tous, prenant en compte la dimension européenne, une doctrine et des outils communs, ou, en tout cas, ouverts, pour favoriser l’interopérabilité ; un cadre de fonctionnement des structures de mutualisation, ouvert aussi, et surtout une plus grande cohérence et transparence de l’action des directions des différents ministères, s’agissant de leur propres projet, avec, dans l’idéal, une ouverture vers la co-construction de certains téléservices.

La mutualisation, c’est aussi créer un contexte favorable, par un meilleur ciblage des financements, par un assouplissement des règles de la commande publique favorisant l’innovation et la co-construction de produits et services.

La mutualisation, enfin, ce sont des réglementations qui protègent le citoyen, qui protègent les données, en renforçant la sécurité et la responsabilité des différents acteurs.

Eutelsat  Compte vérifié
#2326, le 18/12/2014 - 17:45

Recourir au satellite comme à une solution de résilience en cas de crise

Le satellite est un instrument efficace pour redonder les réseaux terrestres (en mode « back-up »), par exemple au bénéfice des plans communaux de sauvegarde. La communication entre l’ensemble de la chaîne de commandement – préfecture, SDIS, maire,… - y tient une place essentielle. Or, une commune peut rapidement être dans l’incapacité de communiquer avec le reste du monde du fait des coupures d’électricité et/ou de la saturation des réseaux de téléphonie mobile. Le satellite est déjà utilisé, ponctuellement, par certaines mairies dans le cadre de leur poste communal de commandement (PCC) que la loi rend obligatoire. Il serait pertinent de diffuser plus largement cette bonne pratique.

Dans cette même logique, les services d'urgence (pompiers, équipes de sécurité civile, police, gendarmerie, etc.) devraient disposer de moyens satellitaires haut débit nomades tels que ceux proposés à partir du satellite KA-SAT, leur permettant de sécuriser ou pallier l'absence / la panne des moyens terrestres (qu'ils soient sans fil ou filaires) en cas de situation d'urgence, de crise ou même de troubles à l'ordre public (comme cela a été le cas lors du séisme en Emilie-Romagne en 2012).

relai ville de brest
#2205, le 16/12/2014 - 17:14

Permettre l'accès de tous au numérique

Pour permettre l'accès de tous aux services numériques, il conviendrait à l'Etat de favoriser l'accès à internet à un coût accessible sur l'ensemble du territoire. Cette appropriation des usages qui en découlent doit également être facilitée par un vocabulaire non technique et une conduite du changement.

Twitter_jmdefelice
#1725, le 30/11/2014 - 11:42

Pour une utilisation partagée du spectre et des infrastructures entre le broadcast et les télécoms ?

Les fréquences hertziennes nécessaires pour télécommunications et la radiodiffusion des médias sont rares et précieuses, c’est un bien public au même titre que l’air et l’eau, c’est à ce titre que l’Etat en assure la gestion. Par ailleurs, l’accroissement des besoins dans ce domaine est considérable (objets connectés, mobilité, nouvelles chaines TV&radio, ...).

Jusqu'à présent la gestion du spectre est principalement réalisée en «  appartements séparés », autant au niveau des administrations qui attribuent les fréquences, qu'au niveau des opérateurs du monde des télécoms ou du monde du broadcast qui, chacun de leur coté déploient  leur réseau, leur infrastructure propre. Certes, le partage et la collaboration existent , mais ils sont encore très limités. Ils sont généralement réduits au partage de quelques bandes de fréquences, de sites, de pylônes ou d’antennes.

Le numérique permet de sortir de cette logique qui est couteuse et qui encourage la constitution de réserves foncières par chacun des acteurs. Les équipements radioélectriques modernes sont capables de sélectionner de façon dynamique les fréquences sur lesquelles ils émettent ou reçoivent.

La gestion du spectre radioélectrique pourrait être grandement optimisée tout en préservant les acquis des utilisateurs actuels. Le rapport Toledano, en appelant notamment  au développement du partage dynamique du spectre pointe bien ce qu’un accès simplifié et moins couteux à la ressource permettrait en matière d’innovation et de croissance.

 

Pour aller plus loin, les mondes du broadcast et des télécoms aujourd’hui très séparés, ne serait-ce que par les deux administrations qui gèrent respectivement leur portion de spectre, pourraient se rapprocher. Cela a-t’il encore du sens, à l’heure de la convergence numérique, que chaque service de radio ou de télévision déploie sa propre infrastructure de diffusion pour toucher les mêmes utilisateurs, souvent sur les mêmes terminaux, que les services de télécommunications mobiles? 

Outre les avantages que la collectivité pourrait en retirer en matière d’aménagement du territoire et d’optimisation de la couverture géographique, les progrès déjà réalisés dans le domaine des télécommunications fixes (adsl, fibre,…) au travers d’offres triple play (TV, téléphone, internet) sur le même réseau montrent bien le bénéfice pour le consommateur .

Des diffusions expérimentales de contenus audiovisuels sur des réseaux mobiles en mode IP multicast (IP radiodiffusé) ont déjà eu lieu dans de nombreux pays. Les terminaux, tablettes, smartphones, qui constituent un moyen d’accès en croissance pour ces contenus, existent dès à présent.

 

Certes des questions économiques, juridiques et techniques restent à traiter mais, ne serait-il pas temps de lancer une véritable expérimentation publique qui révélerait les avantages et peut-être aussi les contraintes de cette technologie innovante?

Patrick Gendre
#2450, le 22/12/2014 - 15:31

Mobiliser la recherche publique sur la stratégie technique des services publics

Il ne me semble pas qu'il existe des appels à projets de recherche spécifiquement sur ce thème "volet numérique de l'action publique", y compris stratégie et solutions techniques pour les SI du secteur public, outils pour l'évaluation des politiques publiques, etc.
La dépense publique représente plus de la moitié du PIB, il y a surement des challenges qui peuvent motiver les chercheurs et où la recherche publique peut se rendre utile.

frochefort
#2355, le 19/12/2014 - 12:04

Créer un cadre cohérent avec les territoires

Certains territoires : Régions (comme la mienne, la Basse-Ndie), Départements .... développent des politiques numériques sur cette thématique. On a l'impression que chacun travaille dans son coin alors que l'Etat pourrait aussi prendre appui sur ces territoires pour étoffer sa politique, l'accompagner, de même que les politiques locales seraient renforcées et sans doute encore plus productives si elles s'inscrivaient clairement dans un cadre plus large. On a vraiment l'impression qu'il n'y a pas de mise en synergie de toutes les forces du territoire national en capacité d'agir sur le sujet. Et pourtant, il y a beaucoup de travail à faire pour construire ensemble la République numérique dont parle Axelle Lemaire. Cette République numérique ne peut reposer que sur un service public (élus et agents, décideurs et exécutants) conscient de tous les nouveaux enjeux qui se sont ouverts à lui avec le numérique. Les forces de tous sont nécessaires pour y arriver.

lhentz
#1435, le 24/11/2014 - 16:13

Lecture sur support numérique dans les administrations

Trop souvent dans les administrations et plus largement dans les entreprises, on a encore trop tendance à imprimer les documents sur papier en vue de leur lecture, entrainant des coûts importants qui pourraient être facilement évités.

Plusieurs choses pourraient être mises en place:

- Désinciter voire bloquer l'impression des mails

- Doter les administrations de tablettes et de liseuses (idéales pour la lecture sur écran car non rétro-éclairé et offrant un confort de lecture équivalent à celui du papier)

Ce changement de pratique, passe aussi par le choix des formats numériques utiliisés:

- Pour les sites des administrations, qui doivent être en "responsive design" pour pouvoir être accessible en situation de mobilité sur les tablettes et les téléphones mobiles. Le "responsive design" est aussi un marqueur de modernité pour notre administration et donc notre pays.

- Pour les rapports et les documents publics. Le pdf devrait être abandonné au profit de formats ouverts, tels que l'epub adapté à la lecture sur liseuse, tablette et mobile ou en .odt pour faciliter la réexploitation des données dans le cadre de "l'open data". Des rapports en epub auraient pour avantage de pouvoir être lus sur liseuse et ne couteraient donc plus rien en impression papier.

Jean-Paul Leclère
#2762, le 16/01/2015 - 16:56

Renforcer considérablement l'usage du numérique dans la formation des demandeurs d'emploi

Plusieurs constats coexistent :

  • la nécessité de développer l'usage du numérique et des outils collaboratifs dans les entreprises comme indispensable facteur de compétitivité,

  • un nombre important et toujours croissant de demandeurs d'emploi peu aguerris à l'usage du numérique, mais disponibles et volontaires pour développer leur compétences dans ce domaine,

  • des organismes de formation en retard sur l'intégration du numérique, et même très en retard sur les usages numériques collaboratifs en formation et la formation à distance, dans leur offre de qualification à l'intention des demandeurs d'emploi,

  • un financement de la formation des demandeurs d'emploi maîtrisé quasi exclusivement par l'Etat et les collectivités territoriales qui en fixent les cahiers des charges.

Le constat global est donc aujourd'hui celui d'une sorte de gâchis parfaitement évitable en matière de qualification professionnelle.

Plus positivement c'est aussi celui d'une formidable double opportunité de développer et de démultiplier à peu de frais les compétences numériques des salariés, disponibles, de demain que sont les professionnels au chômage.

Cela passe par une exigence considérablement accrue des financeurs publics, plus ambitieuse que l'approche trop souvent habituelle de traitement social du chômage ou le laisser-faire par des organismes trop peu enclins à s'acculturer au numérique.

 

Il convient pour cela d'impulser l'exigence dans les cahiers des charges des formations :

  • d'une part conséquente de formation à distance par les outils numériques pour toutes les formations qualifiantes,

  • de la mise en oeuvre d'une offre de modules entièrement à distance sur les compétences professionnelles qui l'autorisent, ou sur la remise à niveau,

  • de l'intégration impérative dans les programmes qualifiants des compétences relatives aux nouveaux usages numériques attendus de la profession.Cela doit bien entendu s'accompagner d'une politique des régions garantissant que tous les demandeurs d'emploi éloignés de la maîtrise des outils numériques de base, ou des outils eux-mêmes,  dispose d'une offre gratuite d'accompagnement de proximité pour y pallier.

Marina TYMEN
#3048, le 25/01/2015 - 20:20

Renforcer l'utilisation du numérique/des médias sociaux en gestion d'urgence (volontariat numérique)

Un des tout premiers devoirs d'un pays aux hautes ambitions numériques est d'être à l'écoute de ses citoyens en situation de danger (catastrophes naturelles tout spécialement). Dans cette perspective, l'Etat se doit d'assurer une présence plus dynamique sur les médias sociaux (le web en général), veiller et interagir avec ses citoyens, en temps réel et partout dans le monde. Via le numérique, l'Etat doit aussi renforcer l'acculturation de tous en matière de sécurité civile.

La France doit se donner les moyens humains et techniques pour asseoir son expertise en numérique d'urgence et soutenir, entre autres, le volontariat numérique.

En France, VISOV (association 1901) est depuis 2013 la 1ère communauté virtuelle francophone de volontaires numériques en gestion d’urgence (sécurité civile) et promeut fortement l’utilisation des MSGU, Médias Sociaux en Gestion d’Urgence.

Les 3 principales missions de VISOV sont :

. l'appui et le renfort technique et méthodologique avec du monitoring web, du crowdsourcing (douzaine d’outils de veille), de la communication sur les médias sociaux et de la cartographie collaborative (crowdmap) de crise (OpenStreetMap/UMAP, Ushahidi,…)
. l'assistance aux sinistrés via les médias sociaux, en interface avec les autorités
. la diffusion de la culture de sécurité civile sur les médias sociaux.Les profils des premiers volontaires sont pluridisciplinaires : sapeurs-pompier, secouriste, psychiatre, consultants, gestionnaire de crise, radioamateur et membres de communautés volontaires et techniques tierces (OpenStreetMap, Ushahidi,…).

Pourquoi utiliser les médias sociaux en situation d’urgence ?

-Sauver des vies (géolocalisation, messages de prévention, accélération des recherches et détection des personnes sinistrées/disparues,…)
-Accéder plus rapidement à l’information en temps réel
-Aider et orienter à la fois les autorités de protection/sécurité civile et les citoyens en difficulté ou en panique
-Relayer la communication des autorités publiques
-Avoir une meilleure compréhension de l’événement
-Vérifier, corriger l’événement et couper court aux rumeurs
-Dialoguer et collaborer avec les citoyens
-Disposer en amont et pendant l’événement de relais/alliés sérieux et fidèles
-Faire prendre conscience au citoyen qu'il peut être acteur de sa propre sécurité et le sensibiliser à aider toute personne. 

 En décembre 2013, Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, avait lui-même souligné le rôle crucial du citoyen dans le domaine de l'urgence et la prévention :
« ... Mettre l’humain au cœur des organisations, c’est aussi mettre le citoyen au cœur des dispositifs et la technologie est pour cela très utile, je prendrai l’exemple de la sécurité civile. L'animation de la communauté virtuelle d’acteurs de secours apparait aujourd’hui comme un enjeu majeur, le principe étant de permettre à chacun de participer en renseignant les pouvoirs publics sur la situation sur le terrain, notamment par des images. En retour, les conseils de conduite à tenir face à l’événement sont diffusés par le ministère de l’Intérieur. Cette cellule de veille a par exemple été mise en place à l’occasion des crises de ces derniers mois, notamment lors de l’épisode neigeux de mars 2013 ou encore le 12 juillet dernier avec l’accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge.Les réseaux sociaux sont donc un enjeu stratégique pour le ministère de l’Intérieur, nous devons l’appréhender afin de mieux l’intégrer dans nos processus notamment en matière de renforcement du lien entre les forces de l’ordre et la population… »

Patrick Gendre
#2452, le 22/12/2014 - 15:56

Mobiliser la recherche publique sur la stratégie technique des services publics

Existe-t-il des appels à projets de recherche spécifique sur ce sujet (transformation numérique et Systèmes d'Information des services publics)? Il me semble qu'il existe plutôt des financements plus larges sur la "société numérique" et bien sûr beaucoup d'expérimentations dans tous les domaines, mais qui ne sont pas ciblés sur la stratégie technique des services publics et les outils du système d'information.

Pourtant il y a surement des challenges tant techniques que non techniques qui peuvent motiver les chercheurs et où la recherche publique pourrait se rendre utile.

Syntec Numérique  Compte vérifié
#3070, le 26/01/2015 - 14:46

La transition numérique pour l’efficience de l’action publique et de la gestion de l’Etat.

La diffusion du numérique au sein des structures étatiques et le développement de l’e-administration sont des éléments essentiels pour évaluer la modernisation de l’Etat, des collectivités territoriales et de l’action publique. Le numérique doit favoriser l’innovation du secteur public à tous les niveaux de l'administration, afin d'accroitre l'offre de services publics, tout en améliorant la gestion de l’Etat, des collectivités et les comptes publics qui créent des externalités positives dans le reste de l'économie. Le degré d’avancement des Etats dans ces domaines sont par ailleurs aujourd’hui un marqueur de leur efficience et l’objet de comparaison internationale, déterminantes pour l’attractivité économique et en termes d’externalités positives.

Aujourd’hui, la maturité des technologies et des infrastructures du numérique et la progression de leur adoption permettent de conjuguer :
• un bénéfice direct pour les usagers, permettant l’adoption généralisée très rapide de l’usage des e-services ;
• un bénéfice direct pour l’Etat, la réforme de l’organisation de ses services et leur gouvernance;

Cette transition peut permettre avant tout à un Etat contraint par ses finances, de réaliser de substantielles économies. Le premier ministre, Manuel Valls, a fixé un objectif chiffré : économiser 50 milliards d’euros sur la période 2015-2017, dont 17 milliards au niveau de l’Etat. Pour tenir le cap, les ministères devront réduire leurs dépenses, y compris sur le périmètre informatique (De 500 à 800 M€ en 3 à 5 ans). Le recours au numérique, couplé à une démarche interministérielle, peut permettre de réaliser ses objectifs (Ex en Annexe : Réseau interministériel de l’Etat, lutte contre la fraude…)

I] De l’efficience de l’action publique : un bénéfice direct pour les usagers et l’Etat à l’adoption généralisée et très rapide du numérique.

La France, bien engagée dans l’e-administration, a fait connaître à une part croissante et majoritaire de citoyens français la dématérialisation des procédures et la simplification des démarches administratives tout en faisant progresser la transparence de l’information publique. Toutefois, il manque à la France de franchir l’étape qui exercera un effet de levier décisif sur la réorganisation de son administration, sur ses coûts de gestion et sur la personnalisation de l’offre de services publics, afin de répondre pleinement aux attentes des usagers.

a) Vers la personnalisation des services de l’administration pour l’usager

La France a déjà beaucoup fait en matière de e-gouvernement et de e-administration comme :
• la télédéclaration d’impôts ;
• la gestion du permis de conduire à points ;
• le portail mon Service-Public.fr
• (…)

Nous pouvons saluer à cet égard, l’action coordonnée de l’Etat et les travaux du Secrétariat Général à la Modernisation de l’Action Publique (SGMAP), créé en 2012, avec pour mission la "simplification et allègement des formalités administratives" et une meilleure compréhension "des attentes des usagers, des agents et des partenaires de l'Etat." La numérisation des services administratifs et des démarches des usagers pour plus d’efficacité se poursuit, offrant une meilleure qualité de service et un pilotage fortement affiné des politiques publiques.

Il convient de poursuivre cette transformation en simplifiant pour les usagers la saisie et le recueil des informations utiles. Les réussites d’une telle dématérialisation complète existent. Nous pouvons citer la télédéclaration d’impôt et net-entreprise.fr, l’outil du Groupement d’intérêt public Modernisation des déclarations sociales (GIP MDS), mis en œuvre et financé par les organismes de protection sociale depuis 2000. Il faut s’inspirer de ces deux réussites afin de regrouper l’ensemble des démarches administratives en un point unique, un « dossier personnel dématérialisé ». Par ailleurs, la plupart des projets en cours de e-administration dans les pays les plus avancés dans le domaine tendent à une dématérialisation complète dans l’objectif de réaliser la transition vers une société de services.
Enfin, si le développement des e-services ont permis à une majorité d’usagers de sortir de la logique de guichet, les obligeant à satisfaire les procédures de chaque administration, le stade actuel de la simplification des procédures et de leur dématérialisation se base sur leurs intentions et non sur la personnalisation du service de l’administration en fonctions des droits auxquels ils sont éligibles.
Afin d’accroitre le bénéfice direct pour l’usager, les services administratifs doivent pouvoir, sur la base des informations nécessaires renseignées et mises à jours par chaque usager, engager directement de leur propre initiative les transactions avec lui sur la base des droits auxquels il est éligible.

Cette transition vers une personnalisation des services de l’administration ne se fera pas sans se poser de légitimes questions en matière de confiance et d’identité numérique. L’adhésion des usagers et des citoyens à ce mouvement repose sur une bonne compréhension de la qualité et de la sécurité autour de la gestion des données par l’Administration. L’identité numérique, au-delà de la sécurité, sera également un outils incontournable de la personnalisation de l’e-administration.

b) Usages de l’identité numérique pour une personnalisation de l’e-administration.

Le citoyen est de plus en plus ubiquitaire et atemporel. Il est en demande de e-procédures simples et accessibles pour mener à bien ses démarches administratives. L’administration de son côté veut s’assurer pour dispenser ses services de l’authentification du citoyen afin de se prémunir de toute usurpation d’identité.
Dès lors que différents niveaux d’identité numérique existent, à des fins de simplicités, l’administration pourrait qualifier ses procédures en fonction de leur sensibilité. Le niveau d’authentification requis serait donc fonction du service requis et chacune des procédures faites viendrait valider un niveau d’identité numérique acquis car enrichi. Par exemple :
• Pour s’inscrire sur les listes électorales suite à un déménagement, le citoyen peut le faire en ligne. Il doit décrire où il votait et poster un justificatif de domicile à jour ainsi qu’une copie de sa carte d’identité papier. Fort de ces informations, l’administration pourrait lui délivrer une première d’identité numérique (avec attribut « procédure électorale » et copies de justificatifs présentées ; dès lors que le changement de liste est effectif, l’administration admet avoir reconnu le citoyen en recoupant les informations avec l’ancienne mairie de rattachement). Ce premier niveau d’identité (appelons le France Connect niveau 0) pourrait lui donner accès à d’autres procédures dont le niveau d’authentification requis n’est pas plus exigent. Ce qui de facto simplifierait l’accès à ces procédures, sans que le citoyen ne fournisse quoique ce soit de plus.
• Par contre, pour d’autres procédures, comme pour recevoir des aides ou renouveler son passeport, l’administration sera en droit de demander d’autres justificatifs…voire de rencontrer le citoyen, et ainsi enrichir l’identité numérique du dit citoyen d’informations complémentaires validées selon des modalités définies par l’administration.
• Enfin, un citoyen qui s’authentifierait au niveau le plus avancé (c’est-à-dire authentification maximale au regard des exigences de l’état) pourrait se voir proposer des services dont il est un potentiel bénéficiaire et qu’il n’a pas demandés, faute de les connaitre le plus souvent. L’e-administration serait dans une posture de lean-service, c’est-à-dire pro-active vis-à-vis du citoyen.

Le citoyen pourrait alors gérer ses identités numériques et utiliser le niveau d’identité nécessaire et suffisant au service requis, y compris pour tout service marchand ou de l’économie de partage entre particuliers. Cela le sécuriserait sur le type d’informations qu’il donne à autrui, et autrui sera sécurisé sur l’authentification de son contractant. En plus cette démarche incrémentale est aussi participative de la littératie numérique.

C’est bien l’intensité d’usage qui participe à l’accélération de la confiance. En France, les entreprises qui vendent en ligne sont très peu nombreuses au regard des français qui achètent sur internet (cf rapport LEMOINE ou livre COLIN/VERDIER l’âge de la multitude). Les grands sites (Fnac, ventes privées, opérateurs NRJ, téléphonie,..etc ) ne permettent pas l’authentification sur leur site autre que par une identité spécifique à chacun (compte client – login – mot de passe, et souvent le même pour tous les comptes !). Différents niveaux d’identités numériques (et de sécurité) mobilisables en fonction de ses démarches/besoins (administratives et/ou marchandes) ne pourront que simplifier la vie de l’usager, et participer à l’intensification de ses usages numériques.

L’Etat peut donc, comme sur les modèles danois, estonien ou belge, aider à l’accélération du déploiement de ces nouveaux usages. Ces évolutions permettraient une simplification des démarches, un gain de temps important pour l’usager et une satisfaction accrue vis-à-vis de pouvoirs publics souvent décriés.

Nous pensons enfin que la meilleure garantie d’une gestion sécurisée des données serait la création d’un tiers de confiance dédié, contrôlé par l’Etat.

II] De l’efficience de la gestion de l’Etat, vers une rationalisation et une mutualisation des ressources informatiques

Cet effort à destination des usagers doit être poursuivi dans l’organisation et dans l’environnement informatique même de l’Etat. Compte-tenu de ce que le secteur du numérique connaît, notamment dans le secteur privé et à l’étranger, il apparaît que des pistes de développement et de synergies existent. Citons quelques exemples :

1. Un « Cloud hybride » axé sur l’exemple du G-cloud anglais

La modernisation et la mutualisation de l’infrastructure passera également par le Cloud . L’Etat en a conscience et a ainsi ouvert son premier Cloud privé (IaaS, PaaS et SaaS) en octobre 2013 au sein de la Dila (Direction de l'information légale et administrative). Au-delà, en offrant des services innovants à moindre coût, en plaçant le citoyen-usager au cœur de l’action publique, le « Cloud pour l’administration » permet à l’Etat et à l’ensemble des acteurs du secteur public de consolider les principes fondamentaux de continuité et d’universalité du service public tout en faisant émerger de nouvelles valeurs (efficacité, transparence, participation des citoyens).

Le « Cloud » peut permettre un changement fondamental dans la façon que les pouvoirs publics ont d’interagir avec les citoyens. Par exemple, grâce aux services proposés, les citoyens pourront suivre en temps réel leur consommation d’énergie et ainsi adopter une gestion optimale de leurs ressources. Ainsi, le « Cloud » est porteur d’une véritable révolution du Service public. En fonction de la nature des données, de leur niveau de sensibilité et du risque correspondant, les personnes publiques pourraient être incitées à recourir ou non aux technologies de type Cloud Computing. L’adoption d’un « référentiel pour l’administration » devrait contribuer à les aider dans cette démarche d’évaluation du risque selon 3 niveaux de sécurité (Niveau 0 : Données non-sensibles ; possibilité de recourir au Cloud Computing sans exigences de certification ; Niveau 1 : Données sensibles ; possibilité de recourir au Cloud Computing avec une exigence de certification ; Niveau 2 : Données très sensibles ; le recours au Cloud Computing est fortement déconseillé).

Ce Cloud a les avantages suivants:
• La réalisation d’économies d’échelle grâce à une procédure d’achat public plus flexible et rapide.
• Un système orienté vers l’innovation. Développées par des start-up innovantes ou par d’autres acteurs, publics comme privés, ces solutions de type Cloud Computing seraient directement utilisables par les personnes publiques qui pourraient les déployer rapidement. Par ailleurs, les contrats négociés seraient suffisamment flexibles pour permettre un renouvellement rapide des offres. Il en résulterait une plus grande réactivité aux stratégies gouvernementales.
• Le développement de nouveaux services publics innovants pour les usagers. Le Cloud Computing permet aussi bien de moderniser l’offre actuelle que d’en développer une nouvelle.
• Une protection optimale des données personnelles. Confier la gestion du service (logiciel + maintenance) à un prestataire spécialisé, qui répond à des garanties de sécurité, permet une plus grande efficience et une plus grande protection, tant des données que des infrastructures.

Enfin, l’Etat et l’Administration ne doivent pas selon nous exclure les usages hybrides. Il n’existe pas de modèle unique. Seul ce principe permettra de développer un écosystème viable d’éditeurs français ou non sur notre territoire.

2. Le gisement du développement des outils collaboratifs

De nombreux ministères disposent aujourd’hui de solutions collaboratives (réseaux sociaux professionnels, Gestion Electronique de Documents, intranets, visioconférences interministérielles…) s’appuyant sur des outils du marché tels. Des outils existent déjà au sein de certains ministères et sont utilisés par les agents dans le cadre de leurs différentes missions. On peut notamment citer les exemples suivants :
• Au Ministère des Affaires Etrangères, la plateforme « Diplomatie 2.0 » : partage et l’échange de correspondances diplomatiques entre les différents agents représentant l’Etat à l’étranger.
• A la Direction Générale des Finances Publiques, le réseau social wiFiP. Celui-ci rassemble des communautés professionnelles autour d’objectifs métiers partagés.
• Au Ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, le réseau RESPIRE contribue, quant à lui, à l’échange de savoirs professionnels et à l’innovation participative par l’intermédiaire de forums et d’échange de documentations.
• Le projet PACo prévoit la mise en place d’un intranet commun aux ministères sociaux en faisant converger les solutions existantes afin de contribuer à l’échange et à la communication interne entre les 25 directions et services concernés.
• (…)
Cependant, un premier constat s’impose : si l’utilisation d’outils liés à des missions transverses tend à se développer, les solutions collaboratives actuellement mises en place répondent essentiellement aux objectifs métiers des ministères. Nous pouvons regretter nos retards en ce domaine, les limites en termes d’usages et les stratégies de contournement au sein de l’Administration.

La mise en place d’une plateforme collaborative interministérielle dédiée aux fonctions communes des ministères permettrait de décloisonner les services en favorisant la mise en réseau de ces derniers. Inspirée de l’existant, cette solution développerait la collaboration à l’échelle interministérielle et créerait des canaux efficaces de diffusion d’informations à destination des services des ministères (partage de bonnes pratiques, diffusion de décisions politiques transverses...). À moyen terme, une telle solution collaborative favoriserait également la gouvernance des projets dans le cadre du SI de l’Etat et pourrait même faciliter la mobilité au sein de la fonction publique grâce à une meilleure connaissance des postes existants et la mise en relation des agents appartenant à des services ou ministères différents.

 Au-delà des réseaux « métiers », des déclinaisons pratiques multiples

Les exemples de mises en place d’outils collaboratifs cités illustrent la diversité et l’hétérogénéité des pratiques et des niveaux de maturité de ces dispositifs. La création de communautés d’utilisateurs, ayant à disposition un ensemble cohérent d’outils d’échanges, permettrait d’obtenir les gains mentionnés.

Ainsi, plusieurs catégories de populations, transverses à différentes administrations, pourraient être définies :
• Les domaines de gestion (comptabilité, contrôle de gestion, ressources humaines, achats, etc.) et autres fonctions supports dont les DSI et les directions MOA. Ces services exercent chacun des activités similaires au sein de leur structure et la mise en place d’outils collaboratifs leur permettrait d’échanger et de standardiser leurs bonnes pratiques.
• Les fonctions propres au métier de leur structure qui sont concernées par des missions transverses à plusieurs administrations telles que l’application de politiques communes à plusieurs ministères, notamment la lutte contre la fraude dont l’action est répartie entre plusieurs administrations (DGFIP, DGSI, Tracfin, etc.). Outre l’harmonisation des bonnes pratiques déjà mentionnée, la mise à place d’outils collaboratifs pour ces services permettrait un gain en efficacité en renforçant leur synergie.

Par ailleurs, la mise en place de ces dispositifs doit s’accompagner d’une standardisation des outils mis à disposition des services de l’Etat, en cours d’application dans le cadre de la mise en place du RIE (Réseau Interministériel d’Etat). Dans ce cadre, une harmonisation des solutions retenues est souhaitable en matière de messagerie, de téléphonie sur IP, de messagerie instantanée et de visioconférence ou d’outils de gestion documentaire et de gestion des agendas. Outre les économies d’échelle générées, cette démarche favoriserait le travail collaboratif au sein des administrations en facilitant l’interconnexion de leurs outils.

En termes de gouvernance, il reviendrait aux services interministériels d’assurer l’animation des communautés créées. A titre d’exemple, la DISIC pourrait assurer un rôle de coordination des échanges entre les différentes DSI et d’information vis-à-vis de ces dernières. A terme, la logique d’harmonisation pourrait aboutir à la création de Centres de Services Partagés (CSP), autrement dit au regroupement à l’échelle interministérielle de fonctions communes aux ministères et identifiées comme étant suffisamment standardisées.

Outre ces principes, la mise en place d’une plateforme collaborative interministérielle nécessite, au préalable, la réalisation d’un benchmark des solutions du marché (Portail, Réseau Social d’Entreprise) afin de définir les solutions les plus pertinentes au regard des besoins de la DISIC.

3. Adhésion et acculturation des Agents de l’Etat

La transition numérique de l’administration ne pourra se réaliser de manière satisfaisante sans l’adhésion au mouvement de ses agents. Une information dédiée et ciblée doit se mettre en place afin qu’ils puissent percevoir les bienfaits pour l’usager et l’Etat, mais également pour eux-mêmes dans leurs tâches quotidiennes. Pour cela, le développement de l’e-administration doit permettre de :
• Réduire les tâches répétitives et peu valorisantes
• Disposer de bonnes conditions de travail
• Avoir accès à l’information utile pour la réalisation du service
• Permettre de s’adapter aux demandes des usagers
• Gagner en autonomie et évoluer dans une organisation moins hiérarchique

Cependant, au-delà de ces affirmations rationnelles, détachées du facteur humain, la transition actuelle et à venir de l’administration (Implantation d’un RSE, nouveaux outils de gestion …) nécessite une stratégie particulière de conduite du changement et de la méthode. Celle-ci doit être animée par un groupe d’experts impliqués. Si nous reprenons l’exemple du RSE, il convient de le déployer de façon progressive, communauté par communauté, en commençant par exemple par une communauté autour de CHORUS. En cas de succès, il sera ensuite plus simple d’ouvrir d’autres communautés (RH, Lutte contre la fraude, achats DSI ,...).

Enfin, face à l’ampleur des changements, l’administration ne pourra faire l’économie d’une vaste politique de formation au numérique de ces agents actuels exposant sa stratégie, les bienfaits attendus et permettant l’acquisition des compétences pratiques. Nous pourrions même envisager de faire du numérique une des matières faisant l’objet d’un examen lors des concours de recrutement des agents de la fonction publique, étatique, territoriale et hospitalière, afin de valider une bonne connaissance, perception et pratique des futurs agents au numérique.

III] De l’intérêt d’une gouvernance adaptée pour tirer parti des synergies identifiées

L’expression de la volonté politique dans ce domaine, maintes fois affirmées, est nécessaire pour franchir une étape décisive de la transition numérique de l’Etat. Cependant, face à l’importance et aux défis de la transition numérique, elle ne peut être suffisante, sans envisager la méthode, le contrôle et la gouvernance. La réussite de cette transition numérique, massive et rapide, est conditionnée par la réaffirmation de la nécessité d’un pilotage au-delà des contingences et lenteurs administratives traditionnelles et d’entités trop souvent cloisonnées. A ce titre, deux agences gouvernementales ont un rôle particulier à jouer, la DISIC et l’ANSSI.

La première a connu une (r)évolution de ses prérogatives avec le décret du 1er août 2014. Toute l’informatique de l’Etat (sauf défense) est désormais soumise à la DISIC. Chaque ministère présente un plan d’investissement pour approbation. Un conseil du système d’information et de communication se réunit deux fois par an sous l’égide du DISIC. L’objectif est de réduire de 20 à 40% les dépenses SI de l’Etat, notamment en consolidant les datacenters, en revoyant la gestion du parc applicatif et en mettant en place le Réseau Interministériel de l’Etat. Ce pilotage rénové doit permettre non seulement de rationaliser les coûts de la SI de l’Etat mais encore de favoriser l’émergence de projets agiles et cohérents dans toutes les administrations, concentrées ou non. France Connect est l’émanation la plus visible de l’initiative « Etat Plateforme » qui est le projet phare de la nouvelle DISIC.
Pour que son action soit réellement efficace, la DISIC doit veiller à éviter une trop grande centralisation, notamment budgétaire, pour rester réellement en mode pilotage. La DISIC doit concentrer son attention sur le caractère interopérable, neutre technologiquement des projets afin de permettre une vraie souplesse et une vraie initiative de tous.

De son côté, l’ANSSI a également vu son rôle et sa place considérablement renforcés. La circulaire du 17 juillet 2014 sur la politique de sécurité des SI de l’Etat, associée à des recrutements importants, fait de cette agence le gardien de la sécurité des SI de l’Etat. L’ANSSI est essentielle au développement d’une culture de la sécurité au sein de l’administration, doit permettre de protéger efficacement les activités régaliennes et sensibles de l’Etat dans un contexte où l’essor du numérique est bénéfique aux organisations de toute taille et de tous les secteurs.
Afin de le soutenir, il conviendrait de rationnaliser ce qui s’apparente aujourd’hui à une multiplicité de référentiels, dont l’existence fait peser des coûts importants pour les acteurs dans ce domaine, dans le cadre d’une concurrence internationale forte, alors même que l’Europe tente de créer un marché intégré du numérique.
Dans son champ de compétences, l’ANSSI peut être un acteur essentiel de cette rationalisation en soutenant la pertinence des normes internationales qui servent déjà de référence aux acteurs économiques afin que l’ensemble des acteurs, et notamment les nouveaux entrants du marché, les adoptent, à coûts maitrisés.
Enfin, dans son rôle de prescripteur et de gardien de la sécurité de la SI de l’Etat, l’ANSSI doit être en mesure de concentrer ses ressources sur les secteurs les plus sensibles de l’Etat et sur les opérateurs d’importance vitale. Pour les autres secteurs, la réalité contractuelle d’entreprises de plus en plus sensibles à la question de la sécurité et les liens entre fournisseurs et clients qui exigent une confidentialité comme préalable placent la cyber-sécurité au cœur des discussions propres à l’activité économique.

Annexe : Exemples de chantier en cours et/ou en devenir

a) Le réseau Interministériel de l’Etat (RIE)

La poursuite de la mise en place du Réseau Interministériel de l’Etat (RIE) est très attendue, l’interconnexion poussant à l’ouverture des systèmes d’information ministériels et au partage de données. Le RIE fournit l’opportunité de standardiser l’architecture, les normes, les protocoles ou les équipements. Cette standardisation permettra d’offrir des services réseau de transferts de textes, de transferts de données, de communications vocales et de diffusions d’images performants aux organismes de l’Etat.
Pour générer les économies attendues, le RIE devrait proposer des services les plus génériques et les plus standardisés possibles. Ces économies porteront sur les coûts d’exploitation, via la centralisation et la rationalisation des équipes et sur les coûts d’acquisition et de fonctionnement via la massification des achats et la standardisation des solutions. Dans ce contexte, il est tout particulièrement important de traiter en amont le devenir des personnels actuellement en charge de la gestion du réseau au sein de chacun des ministères et dont le nombre va nécessairement diminuer.
Les gains escomptés par ce modèle de mutualisation sont évaluées à 30 à 35% par rapport à ce qu’était le coût des télécoms selon Jacques Marzin, Directeur de la DISIC, en septembre dernier . Le CIMAP a évalué à 500 à 800 millions d’euros d’ici 2017/2020 la baisse de dépense annuelle réalisable grâce à la mutualisation (matérielle et logicielle) et une meilleure maîtrise des projets IT, en particulier les grands projets.

b) La lutte contre la fraude

Au-delà de l’austérité et l’endettement, pour redresser les comptes publics le gouvernement pourrait également explorer la lutte contre la fraude fiscale, où les gisements d’économies semblent importants. D'après le dernier rapport de la Délégation nationale à la lutte contre la fraude, le montant des fraudes fiscales et sociales détectées en 2012 s'est élevé à 4,6 milliards d'euros, en hausse de 20% par rapport à 2011, dont 3,66 milliards d'euros de fraudes concernant les impôts. Des chiffres beaucoup plus importants sont cependant parfois annoncés en incluant l’ensemble des formes d’évasion et de fraudes fiscales, dans une fourchette allant de 30 à 80 milliards d'euros.
Tout d’abord, le succès d’une politique volontariste dans ce domaine passe par une meilleure coordination de l’ensemble des Directions en charge de ce sujet. En effet, nombreuses sont les administrations à être en charge du dossier fraude fiscale : la direction générale des finances publiques (DGFIP), la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI, ex DCRI, ministère de l’intérieur), Tracfin (…).
Il est ensuite possible de compléter l'arsenal des agents par des démarches innovantes et des outils numériques modernes afin notamment de lutter efficacement contre la fraude organisée, elle-même friande des nouvelles technologies. la Cour des Comptes dans son référé du 10 octobre 2013 avait demandé à l'administration fiscale de « recourir plus fréquemment aux techniques modernes d'exploitation de ces bases » et souligné que « l'architecture des systèmes informatiques utilisés dans le cadre du contrôle fiscal continue de reposer sur des bases de données et des applications très nombreuses, anciennes, peu ergonomiques et souvent non interconnectées ». Selon la Cour, « l'administration fiscale devrait recourir plus fréquemment aux techniques modernes d'exploitation de ces bases ».

Plusieurs pays européens ont déjà été mis en œuvre et utilisé ces outils avec succès avec des taux de réussite allant jusqu'à 80% pour la fraude à la TVA. C'est en investissant dans des outils numériques, en faisant évoluer es processus métier vers davantage de collaboration, et en coordonnant l’ensemble à un niveau interministériel que l'Etat sera en mesure de lutter efficacement contre la fraude.

c) Le gisement des domaines de gestion: comptabilité, contrôle de gestion, ressources humaines, achats, etc.

• Les services de gestion. Il s’agit ici de poursuivre la logique interministérielle qui a prévalu sur le domaine de la comptabilité avec la mise en place de CHORUS ou sur le domaine de la paie avec l’ONP. La gestion et la maintenance immobilière et les achats apparaissent comme des domaines plus porteurs de synergie.

• Pour les ressources humaines, la consolidation et l’harmonisation des moyens techniques à un niveau interministériel peuvent permettre une meilleure gestion des effectifs en charge de l’exploitation de ces moyens. Il serait ainsi pertinent de centraliser la localisation des agents de l’administration en charge de l’exploitation afin de faciliter le partage et le développement des compétences et le traitement des problématiques transverses.

• Des possibilités de mutualisation existent aussi au niveau des achats en interministériel avec le développement d’une logique de centrale d’achats (SAE, UGAP) et la définition de stratégie de sourcing et d’acquisition appliquée à tous les ministères

• (…)

jean-Marc Auvray
#3064, le 26/01/2015 - 12:53

Contribution de l'Institut national de l'Audiovisuel (INA) sur le partage de l'innovation entre secteur public et secteur privé

OUVERTURE DE l’INA EN DIRECTION DE L’INNOVATION

Avec les archives et la formation, la recherche constitue l’une des trois missions fondamentales attribuées à l’INA lors de sa création. Il s’agit d’une recherche appliquée dans la conception et le développement technologiques : des équipes de recherche sont bien entendu mobilisées sur les priorités de l’INA, particulièrement dans le domaine de la reconnaissance et de l’exploitation de corpus audiovisuels de très fort volume et d’une grande diversité, mais elles sont également sollicitées pour offrir un contexte applicatif unique aux métiers scientifiques et techniques de l’entreprise. Ces deux axes de travail définissent les apports éventuels de l’Institut dans le paysage national et international de la recherche sur l’audiovisuel et son développement numérique.

À la croisée du monde académique et du secteur professionnel, en synergie avec l’ensemble des activités de l’Ina, la recherche repose ainsi sur deux piliers : le Groupe de recherches audiovisuelles et le Groupe de recherche musicale (GRM).

L’INA souhaite à l’avenir maintenir et renforcer la cohérence de ses thématiques de recherche conformes aux axes stratégiques de l’entreprise, plus particulièrement en anticipant les grandes évolutions des usages liés au numérique, à travers des expérimentations et des projets dédiés dans les domaines de pointe tels que la fouille de données, la traçabilité des contenus, la génération automatique d’informations, ou encore l’analyse automatisée de flux médiatiques.

En appui de ces chantiers expérimentaux, la grande richesse de l’INA réside dans la quantité et la qualité des contenus audiovisuels qu’elle détient et qui représentent une source unique pour la recherche scientifique ou en sciences humaines et sociales. La mobilisation de ces volumes importants et structurés de contenus peut représenter, par exemple, un atout déterminant pour le calibrage d’algorithmes de recherche dans les images et les sons, sur le terrain fertile de l’expérimentation aux usages du « BIG-DATA ».

Des corpus et des échantillons représentatifs des collections de l’INA seront donc proposés en tant que sujet d’expérimentation aux chercheurs et ingénieurs de la communauté, notamment pour engager une recherche technologique et scientifique dans les domaines de l’analyse automatique des contenus multimédias.

En accompagnement, une « vitrine » des processus et des résultats de la recherche conduite par l’INA et ses partenaires sera créée sur le site internet « corporate » de l’établissement, en préfiguration puis en accompagnement d’une démarche collaborative plus ambitieuse. Un espace dédié à la présentation des travaux de recherche sera accessible aux spécialistes comme au grand public.

Par ce biais, l’INA s’attachera à illustrer la modernisation de son ingénierie de développement en interne ou en lien avec des partenaires privés issus de l’univers des intégrateurs, des incubateurs et des start-up. La collaboration avec les pôles de compétitivité sera renforcée ainsi que l’association aux nouveaux dispositifs d’excellence publics et privés (COMUE, LABEX). Des accords particuliers auront vocation à déboucher sur des modes de développement et d’intégration industrielle consacrés aux résultats de la recherche, dans une logique d’efficacité qui a déjà permis à l’INA d’avancer sur des projets comme le système d’empreinte « Signature » ou l’exposition de contenus sous la forme de « fresques » audiovisuelles.

Les travaux en recherche et développement de l’Ina feront l’objet de la diffusion la plus large possible afin que la communauté scientifique puisse en valider aisément le bien-fondé et les résultats.

GS1 France
#3049, le 26/01/2015 - 00:58

La dématérialisation des échanges d'information entre les administrations et les entreprises doit s'intensifier

La dématérialisation des procédures et des échanges des entreprises avec l’administration est une source potentielle de gains tant pour les pouvoirs publics que pour les entreprises. A titre d’exemple, la commande EDI (Echange de Données Informatisées) et les factures EDI génèrent respectivement des gains de 18,5 € et 14 € par message (source : GS1 France, « 1000 milliards de raison de dire merci »).

La transformation numérique est déjà très largement entamée dans de nombreuses organisations, notamment dans le monde du commerce, où les échanges électroniques ont particulièrement optimisé la productivité pour l’ensemble des acteurs. Pour en profiter pleinement, les administrations devraient s’appuyer sur les standards et les bonnes pratiques déjà largement développés par les entreprises et sur les travaux de l’UN/CEFACT (organisme de normalisation des nations unies).

Enfin, l’adoption des standards mondiaux, dès lors qu’ils sont ouverts et interopérables et qu’ils répondent aux besoins des entreprises, doit se poursuivre pour le bénéfice de tous, pour une plus grande fluidité des échanges et des économies nationales plus performantes.

Chloé Lebon
#1919, le 07/12/2014 - 15:07

A propos de géants tels que Google

Chloé LEBON
Je pense que les Etats n’ont pas les moyens de combattre frontalement une entreprise de l’importance, aux ramifications internationales, de Google. En revanche, les Etats peuvent et se doivent :
de s’efforcer de mieux comprendre les enjeux du numérique, et d’adapter rapidement la législation à ceux-ci. Comme l’a montré la très controversée loi Hadopi, l’état français adopte un comportement plutôt conservateur et peine à changer son mode d’action par rapport aux nouveaux enjeux du numérique. Si la France ne devient pas elle aussi innovante, du moins en matière de législation, alors elle ne pourra que subir la vision du numérique imposée par Google.
d’essayer de garder un temps d’avance sur les domaines où ils ont une plus grande marge d’intervention, tels que la bioéthique. Google essaie de diversifier ses activités et certains des domaines dans lesquels l’entreprise s’implante sont traditionnellement plus aptes à être en partie contrôlé par l’état, particulièrement en Europe où nous avons un contrôle étatique important en ce qui concerne le corps, la santé et les normes sanitaires. Un meilleur contrôle sur les projets de Google dans ces domaines pourrait être le moyen de rééquilibrer la balance.
de renforcer l’implantation régionale de Google. Impliquer Google dans des projets ultra-locaux, renforcer son intégration dans des projets régionaux et ainsi lui faire gagner une identité locale pourrait être le moyen pour les états d’acquérir un meilleur contrôle sur l’entreprise, puisque Google serait alors plus dépendant des particularités législatives locales, et ressentirait peut-être plus la nécessité de travailler main dans la main avec les états.
Je pense que dans tous les cas, le temps et l’aspect local sont deux points clés que les états doivent prendre en compte dans leur stratégie vis-à-vis de Google.

MasterCard
#3087, le 26/01/2015 - 15:36

Réduire les flux d’argent liquide pour favoriser la simplicité, la transparence, le contrôle, l’efficacité et donc la croissance

41%*, soit près de la moitié des transactions en France, se font encore en argent liquide. Bien que parmi les pays dont le pourcentage de transactions électroniques soit le plus élevé dans le monde, la France dispose de réelles marges de progression dont l’efficacité dépend en partie du rôle des pouvoirs publics. Comme le montre de très nombreux exemples partout dans le monde, quel que soit le niveau de développement du pays (e.g. Corée du Sud, Afrique du Sud, Argentine, Italie, Lituanie, etc.), tout un ensemble de mesures coercitives et incitatives peuvent être mises en œuvre pour encourager l’usage des paiements électroniques. Au-delà de ces actions, les nouvelles technologies et le numérique peuvent très clairement contribuer au développement rapide de cette électronification de l’économie et des transactions, au détriment des billets de banque et des chèques, lesquels génèrent un grand nombre de coûts directs et indirects. Il est par exemple estimé que les espèces coûtent entre 1 et 1.5 % du PIB (impression, distribution, sécurisation..). Elles favorisent également l’économie souterraine, la fraude, la corruption, tout en réduisant les rentrées fiscales directes ou indirectes. A contrario, les paiements électroniques (quel que soit le support ou le canal utilisé) permettent le suivi des transactions, la traçabilité et la transparence, la réelle protection des consommateurs et commerçants, une meilleure identification de la fraude, la rapidité, l’ouverture des débouchés pour les commerçants (vente en ligne), de meilleures rentrées fiscales, etc.

Concernant tout particulièrement les pouvoirs publics, les transactions électroniques favorisent en effet une plus forte adéquation entre la collecte d’impôts indirects (TVA, notamment), directs (impôts sur le chiffre d’affaires) et l’activité économique du pays. Elles favorisent également un meilleur contrôle des dépenses publiques, ainsi qu’une forte réduction des coûts de gestion (par rapport aux coûts divers générés par les espèces et les chèques). Réduire des coûts, rendre plus simples et pratiques des transactions, ne peut que libérer un surcroît de croissance. Divers études ont d’ailleurs clairement montré un lien évident entre usage des paiements électroniques et croissance du PIB (entre autres, une étude de Moody’s de février 2013 : The Impact of Electronic Payments on Economic Growth).

Les citoyens quant à eux bénéficient, grâce aux solutions de paiements électroniques, d’une variété d’outils indispensables pour accéder au commerce en ligne et aux meilleures offres selon leurs demandes, à l’épargne, aux prêts personnels.

Et pour les commerçants et les entreprises, les bénéfices sont tout particulièrement liés à la réduction des coûts grâce à une réduction de la fraude,  à une rapidité des transactions, et à des remboursements même en cas de transaction frauduleuse ou d’insolvabilité du client.

Il est donc important que la stratégie de modernisation des pouvoirs publics inclue un volet sur l’électronification des paiements, que ce soit pour les dépenses du secteur public (aides sociales, achats de biens et de services…) ou pour les recettes (impôts, taxes locales, frais de scolarité, stationnement en ville, frais hospitaliers, etc.).

Les solutions de paiement électroniques digitales peuvent prendre la forme de cartes de paiement (prépayées, débit ou crédit) ou être totalement dématérialisées via le téléphone portable ou les paiements en ligne. Les nouvelles technologies permettent de plus à des acteurs comme MasterCard (associé à des  établissements financiers et partenaires technologiques) de proposer des solutions allant au-delà du paiement : par exemple, la dématérialisation complète des achats, en associant au paiement par carte virtuelle un processus de dématérialisation des factures, ou le paiement sur téléphone portable des dépenses de cantine associée à la sélection du menu, ou encore le paiement des transports publics par une carte sans contact associée à une application conseillant le meilleur trajet…

Les nouvelles technologies numériques et digitales sont donc dès aujourd’hui des leviers essentiels pour les acteurs publics (gouvernement central, régions, départements, villes dites ‘intelligentes’, hôpitaux…) permettant de réduire les coûts, optimiser la qualité des services publics, créer de nouvelles solutions. Le paiement est un élément clé des processus de moderniser car il vise à fluidifier les relations entre les acteurs,  quels qu’ils soient. Sa digitalisation sur la base d’une politique ambitieuse peut générer des économies substantielles ainsi que l’opportunité d’une optimisation des processus en amont et en aval.

MasterCard a l’ambition de renforcer sa coopération avec les pouvoirs publics centraux ou locaux, coopération déjà à l’œuvre en divers lieux. Son expertise, ses différentes expériences tant en Europe que dans le monde, sont au service des dirigeants français.

*: Source: MasterCard Advisors analysis, 2013 | BIS CPSS, 2011 | McKinsey Global Payments Map, 2008 | World Bank, 2011

Comment faire ? Proposition des parties prenantes

Proposer une solution
IGN  Compte vérifié
#3124, le 26/01/2015 - 17:34

Mettre en place les outils communs pour un partage et un croisement des données géoréférencées selon une logique de plateforme d’État.

Les professionnels du secteur public et du privé ont besoin d’une description de plus en plus précise et exhaustive des territoires afin de mieux appréhender les phénomènes qui guident leur action. Pour répondre à ce besoin, de nombreux acteurs publics produisent des données en lien avec le territoire. Mais il est nécessaire de pouvoir croiser ces données géographiques car c’est ce croisement qui peut permettre aux acteurs concernés de tirer pleinement parti des données.

La directive européenne INSPIRE constitue une base importante pour l'interopérabilité des données géographiques mais  elle ne suffit pas à garantir la possibilité de croiser les données de façon pertinente. En effet, si cette directive fixe un contenant (autrement dit, des modèles de données), elle ne fixe pas de contenu. Les données produites par les différents acteurs à l’échelle du territoire peuvent ainsi présenter un  défaut de cohérence en termes de choix des objets saisis dans les bases de données, d’échelle ou de critères de saisie, d’exigences de précision géométrique, etc. Il en résulte le besoin d’un service de traitement spécialisé de ces données afin de pouvoir les confronter à bon escient et de façon efficace.

Par ailleurs, la démocratisation des outils du numérique (réseaux de communication mobile, smartphones, objets connectés…) conduit à l’augmentation massive des informations géolocalisées en circulation.  Pour pouvoir croiser ces informations et leur donner du sens, il est souvent nécessaire de les raccrocher à des référentiels géographiques maîtrisés qui servent alors de données pivot. En retour, les informations considérées peuvent alors contribuer à enrichir les référentiels selon une logique collaborative.

Dans ce cadre, les données géoréférencées doivent être rendues accessibles aisément, sous une forme interopérable et superposable. Il s’agit, d’une part, de faciliter les synergies entre les acteurs qui entretiennent ces données (Etat, collectivités, entreprises…), et d’autre part, de constituer un service de référencement basé sur des données pivots communes pour appuyer les usages de la donnée géolocalisée. Au-delà du travail de coordination des parties prenantes autours de ces enjeux, la réflexion sur la structuration technologique de l’Etat pour centraliser l’accès aux données publiques reste un prérequis.          

L’Etat pose progressivement les jalons de sa stratégie technologique, socle d’un Etat-Plateforme, pour répondre aux nouveaux besoins induit par « l’Open Data ». Le décret du 1 août 2014 affirme l’existence d’un système d’information unique commun à l’ensemble des Ministères.

 

Pour aller plus loin, l’Institut National de l’Information géographique et forestière (IGN) propose de :

  • Standardiser l’usage de référentiels géoréférencés communs :
    • entretenir des référentiels d’autorité et des données pivots universelles (base adresse…) ;
    • mutualiser l’ensemble des données produites et utilisées par les administrations, agences et autorités d’Etat à l’échelon national et local, en maintenant une administration répartie ;
    • développer une logique de plateforme d’accès centralisé ;
    • mettre en place des ressources applicatives socle via ces plateformes pour favoriser la mutualisation des actions des collectivités en matière de services numériques.
  • Structurer les données par métier :
    • classer les données par métier afin d’organiser leur gestion en utilisant l’expertise et les connaissances des administrations et établissements publics référents ;
    • garantir l’interopérabilité entre acteurs publics, en évitant de créer des silos de données ;
    • renforcer la fiabilité des données.
Propositions dans le débat public  Compte vérifié
#688, le 29/10/2014 - 10:57

Réduire les dépenses informatiques en mutualisant davantage les fonctions « Systèmes d’Information » et en privilégiant le recours aux logiciels libres

  • Privilégier, à l’emploi de consultants externes, le recrutement de contractuels (issus d’études de commerce, d’ingénieurs, etc.) afin d’internaliser les fonctions de système informatique le plus possible dans l’administration, dans la gestion de projets et afin de réduire les dépenses.
  • Augmenter la part d’utilisation des logiciels libres, souvent moins chers et plus souples, dans l’administration, comme cela est recommandé dans la circulaire de 2012, signée par leu Premier ministre Jean-Marc Ayrault.
Propositions dans le débat public  Compte vérifié
#689, le 29/10/2014 - 10:58

Favoriser les projets informatiques de taille moyenne et agiles, façonnés à partir des attentes des usagers

  • Privilégier, au recours à des projets gigantesques et risqués, des projets de taille modérée, capables de s’adapter adaptables au fur et à mesure de leur mise en application.
  • Utiliser en amont et au cours des projets des voies de participation pour que les usagers communiquent leurs besoins (suivant l’exemple du TechFAR Handbook aux Etats-Unis).
kermartin
#904, le 03/11/2014 - 21:43

Favoriser l'émulation et la collaboration entre collectivités

Mettre à disposition des collectivités une plate-forme d'échange de bonnes pratiques et d'outils

Propositions dans le débat public  Compte vérifié
#687, le 29/10/2014 - 10:55

Faciliter l’accès des PME aux marchés publics par une simplification des procédures et en leur réservant une place au sein des marchés

  • Poursuivre la simplification de l’accès aux marchés publics et des propositions d’offres des PME (notamment via la Plateforme Pacte PME).
  • A l’instar du Small Business Act aux Etats-Unis, réserver certains marchés publics en fonction des montants en jeu et réserver une part significative des achats publics aux PME nationales innovantes.
  • Lancer des projets mettant en concurrence les PME innovantes pour résourdrerésoudre des défis auxquels l’Etat est confronté (sur le modèle de la plateforme Challenge du gouvernement américain).
DISIC  Compte vérifié
#1240, le 18/11/2014 - 21:59

L’Etat plateforme ou comment concevoir de nouveaux services publics numériques

La Direction Interministérielle des Systèmes d’Information et de Communication (DISIC, la DSI de l'Etat) construit actuellement les fondements de l’Etat plateforme, une architecture favorisant la création de services publics numériques d’un nouveau type. Cette stratégie de transformation du SI de l’Etat présuppose que c’est à l’administration de réunir les différentes données de l’usager nécessaires à ses démarches, et de lui offrir en retour des services quasi prêts à l'emploi. Des services centrés sur ses besoins, et non issus du découpage organisationnel des structures administratives.

Le document de référence est disponible ici. Il présente les grands principes de l’Etat plateforme : ouverture des API par les grands fournisseurs publics de données, circulation des données entre administrations, contrôle des flux par les usagers grâce à France Connect (système  d’authentification et d’identification des usagers reconnu par toutes les administrations en ligne).

Dans les jours qui viennent, nous extrairons et soumettrons plusieurs propositions directement issues de l’Etat plateforme et de ses fondamentaux.
 

Service interministériel des Archives de France  Compte vérifié
#2097, le 12/12/2014 - 17:25

Pérenniser l'information numérique

Le développement de l'administration électronique et la multiplication des échanges dématérialisés questionnent notre capacité à conserver sur le long terme des données menacées par une obsolescence technologique rapide et par les possibilités accrues de falsification de l'information numérique. Pourtant, ces données sont le gage de la transparence de l'action administrative. Elles peuvent aussi servir de preuves pour les citoyens qui veulent faire valoir des droits. Elles constituent enfin les sources de l'histoire de demain. 

Il paraît donc indispensable de prendre en compte, dès l'amont de tout processus de dématérialisation, la question du cycle de vie des données produites ou reçues par l'administration et de leur archivage pérenne. L’État, en association avec les collectivités territoriales, doit aider les acteurs de l'écosystème public à garantir sur le long terme l'intégrité, la lisibilité et l'intelligibilité des informations numériques.

Pour ce faire, le Service interministériel des Archives de France (SIAF) insiste sur la nécessité de : 

  • définir des exigences de qualité pour une copie fidèle et durable d'un document sur support numérique,
  • sécuriser la dématérialisation par le déploiement dans les services publics de systèmes d'archivage électronique reposant sur des pratiques professionnelles reconnues,
  • promouvoir un cadre normatif pour des solutions technologiques garantissant la valeur probante des données,
  • développer une expertise nationale pluridisciplinaire sur les formats de fichiers pour la pérennisation de l’information numérique,
  • maintenir un équilibre entre la constitution d'une mémoire de la Nation et les nécessités de la protection de la vie privée.
Propositions dans le débat public  Compte vérifié
#690, le 29/10/2014 - 11:00

Créer un poste de Chief Technology Officer

Ses missions consisteraient notamment à orienter et harmoniser les choix technologiques au sein de l’Etat, des opérateurs et des collectivités territoriales.

Propositions dans le débat public  Compte vérifié
#686, le 29/10/2014 - 10:54

Poursuivre la démarche de simplification collaborative, basée sur les attentes exprimées par les entreprises et en co-production avec elles

  • Pour co-construire les projets de simplification et établir leur priorité, organiser des enquêtes publiques autour d’un seul groupe de travail interministériel, afin de faire converger les résultats.
  • Lancer et étendre l’utilisation d’outils numériques dans le processus de simplification : accès en ligne aux documents administratifs, “e-guichet” unique pour les entrepreneurs, facture électronique (avec une domiciliation électronique des entreprises et un identifiant unique pour tous les services)...
  • Ce processus doit également être soutenu au niveau européen, au travers de l’extension du Small Business Act européen entrepris par la Commission européenne au travers de sa consultation.
Gami
#1243, le 19/11/2014 - 01:09

Financer les logiciels open sources que les administrations utilisent

Les administrations utilisent pour la plupart des logiciels open sources, et leurs principaux postes de dépenses dans ce domaine sont le support de ces logiciels et la formation du personnel. Cela conduit à l'utilisation de solutions standardisées, mais pas toujours optimales pour les utilisations auxquelles on les associe.

Il s'agit d'adopter un système apparenté à la taxe d'apprentissage, qui bénéficierait aux solutions open sources utilisées dans les administrations et permettraient à ces administrations de financer sans contrainte conséquente l'évolution des logiciels dont ils ont besoin.

Dans la pratique, chaque administration pourrait ainsi faire remonter à la DISIC (ou à une autre structure plus adaptée) une participation financière associée à une liste des logiciels open sources dont elle soutient l'avancement, ainsi éventuellement qu'une "liste de voeux" des points qu'elle souhaiterait voir améliorés sur tel ou tel logiciel. La DISIC transmettrait ensuite aux différents projets les financements issus des administrations, avec la liste des améliorations souhaitées par les administrations (donnée à titre indicative, non contraignante / sans forme de contrat quelconque).
Le rôle de la DISIC (ou équivalent) ici est à la fois d'éviter tout détournement de la participation de la part d'une administration en se posant en tiers de confiance et de se poser en organisme de collecte et de répartition de la participation.

Au niveau de la participation elle-même, il s'agirait de quelque chose qui doit être relativement indolore financièrement pour une administration, par exemple un euro par machine et par mois. Au final, on aurait plusieurs centaines de milliers d'euros redistribués aux projets dont d'administration a le plus besoin.

Il s'agit effectivement d'une énième taxe (ou assimilé) dans le paysage français qui en est déjà surchargé, mais j'ai le sentiment que son utilité à long terme la légitime devant bien des taxes existantes.

ldubost
#1398, le 23/11/2014 - 17:35

Propositions pour améliorer le financement des logiciels libres utilisés par l'Etat

Afin d'améliorer le financement des logiciels libres utilisés par l'état (voir cause "Prendre conscience du financement des logiciels libres que l'Etat utilise" -> http://contribuez.cnnumerique.fr/debat/100/avis/1397), voici quelques propositions:

- imposer aux prestataires un niveau de contribution minimum, ou à défaut de faire appel à un contrat de support auprès d'une société ayant un niveau de contribution minimum.
- tenir compte de l'investissement en R&D réalisé dans l'analyse de la différence de prix entre un prestataire qui contribue et un qui ne contribue pas, et si on choisit celui qui contribue pas, prévoir un financement de R&D séparé.
- tenir compte des avantages que représente un prestataire qui contribue en terme de compétence, ré-intégration des bugs dans le produit, etc..
- financer directement les améliorations des logiciels soit par de l'achat de nouvelles fonctions, soit par le financement par les projets de recherche ANR ou FUI (comme c'est déjà le cas).

COSPACE  Compte vérifié
#2008, le 10/12/2014 - 15:28

inclure un volet spatial dans la mise en place de la politique ambitieuse en matière de société de l’information

La diffusion de programmes télévisés est depuis longtemps le premier service par satellite avec près de 80% de parts de marché. Le déploiement de solutions d’accès à l’Internet, de navigation, de synchronisation et de géoinformation montre qu’une politique ambitieuse en matière de société de l’information doit avoir un volet spatial.

Le Comité de Concertation Etat-Industrie sur l’Espace (COSPACE) créé en septembre 2013 qui regroupe toutes les parties prenantes, industriels, opérateurs et institutionnels souhaite rappeler que le satellite est incontournable et représente à la fois un formidable outil de lutte contre la fracture numérique et également une opportunité pour le développement de nouvelles applications.

FNCCR
#2914, le 23/01/2015 - 15:39

Numérique et gouvernance territoriale : Mutualiser : à quelle échelle ?

La mutualisation de services et usages nécessite la création de réseaux de compétences, basés sur l’échange de savoirs entre personnes, quelle que soit leur structure de rattachement.

Fonctionner en partenariat et en réseau rend un peu secondaire la question de l’échelon géographique, pourvu que les acteurs soient capables de s’entendre, de coordonner leurs besoins, de partager leur savoir-faire, et que les réglementations ne se contredisent pas.

Pour la réussite du partage des compétences, il est souhaitable que les structures qui interviennent dans un processus acceptent que leurs agents, experts d’un sujet, impliqués dans une partie d’un projet, puissent donner de leur temps à des projets de territoires et en retour, qu’elles puissent bénéficier d’aides, grâce à des compétences qu’elles n’ont pas en interne (ou qu’elles n’auront pas, dès lors, à réunir en interne).

Ce partage ne pourra se faire qu’avec un socle de valeurs communes, et une ambition commune au service du territoire.

Il vaut mieux des acteurs de terrain qui collaborent et qui s’entraident sur des projets partagés et les échanges de bonnes pratiques, que des plateformes gargantuesques et coûteuses, ne satisfaisant pas les besoins de tous les acteurs, et du citoyen, en particulier.

Il serait intéressant d’expérimenter une valorisation de la mise en œuvre de réseaux de compétences, par le développement de mécanismes (troc, monnaie alternative, …) visant à favoriser l’échange ponctuel de compétences pour l’enrichissement des projets et permettant aussi d’associer l’usager final en valorisant sa participation. Cette valorisation permettrait de faire passer des processus isolés et informels à une échelle plus large, en capitalisant pleinement sur les savoir-faire en local.

Par ailleurs, les organes permettant de fédérer les acteurs locaux (FNCCR, …) sont là pour faire converger les intérêts communs, sans nécessairement nécessiter des investissements : ces organes fédérateurs peuvent contribuer à la synthèse des besoins et attentes des différentes strates et ainsi de favoriser la cohérence des différents systèmes de mutualisation.

Cependant, plus le périmètre d’intervention est important, plus la tâche semble ardue : une réflexion mutualisée à grande échelle est possible, mais le déploiement doit se faire au travers d’instances au plus près des acteurs.

FNCCR
#2913, le 23/01/2015 - 15:39

Numérique et gouvernance territoriale : Mutualisation, des obstacles à éviter

L’un des obstacles majeurs, à éviter sous peine de risques d’échecs cuisants, réside dans l’interventionnisme descendant de l’Etat, qui devrait, s’agissant du développement des usages et services numériques, de la mutualisation des initiatives et des moyens, laisser de la souplesse s’agissant du développement des initiatives locales. En effet, l’évolution des modes de communication impactant l’ensemble de la société, les modes de gouvernance territoriales sont en pleine mutation. Aujourd’hui, il est trop tôt pour dire ce qui sera optionnel demain, et il est donc nécessaire de permettre la diversité d’organisation dans les territoires.

Au-delà d’une nécessaire transversalité des projets, d’autres difficultés doivent être surmontées :
- L’une d’entre elles réside dans une mauvaise compréhension des enjeux, et dans l’émergence de projets circonscrits à (limités par) des ambitions (des compétitions) locales
- Un autre frein réside dans de nombreux obstacles juridiques limitant la mutualisation des services : les modalités de regroupement des acteurs locaux sont limitativement énoncés par la loi, et la récente loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles n’a pas vraiment apporté de solution ; il est indispensable de donner suffisamment de liberté aux acteurs locaux pour qu’ils puissent s’organiser efficacement afin de satisfaire les besoins ; les territoires aussi ont de l’imagination …
- Sur le plan réglementaire, des souplesses sont nécessaires s’agissant de l’innovation, de la commande publique (le code des marchés publics ne favorise pas vraiment les mutualisations durables de moyens, ni les mécanismes de co-investissement)
- On tombe trop souvent dans des mutualisations coûteuses par manque de réflexion préalable sur les apports de la mutualisation et sur un dimensionnement progressif en fonction des besoins (« small is beautiful »)
- L’interopérabilité n’est quasiment jamais un critère de choix technique ou organisationnel : or, pour que des plateformes et des applications puissent s’interconnecter, des choix doivent être opérés dès leur construction
- Les entités du « bloc communal » ne doivent pas être absentes des processus d’élaboration de services et usages numériques au niveau national : c’est une question cruciale pour la conception, le dimensionnement, l’appropriation, l’accompagnement au changement et la durabilité des nouveaux services.

FNCCR
#2912, le 23/01/2015 - 15:38

Numérique et gouvernance territoriale : Mutualisation : des prérequis indispensables

La création de services et usages numériques mutualisés, partagés dans les territoires, est tributaire de plusieurs facteurs indispensables pour les uns, facilitants pour les autres :
- Un réseau Très Haut Débit qui propose une offre passive et activée sur tout le territoire, irrigant l’ensemble des zones d’activités, favorisant le fonctionnement en réseau des différents acteurs, permettant de mettre des ressources à disposition, favorisant l’innovation partout et l’accélération de la transformation
- Des besoins communs identifiés, devenant les biens communs susmentionnés,
- Des équipes techniques et d’animation,
- Des évolutions réglementaires, car la réglementation actuelle est trop contraignante (ex : arrêté CNIL pour la GRC)
- Garantir l’accessibilité aux services partout (éviter d’accentuer ou de créer des fractures numériques)
- Prendre en compte la nécessaire sécurisation des données
- Une réelle volonté d’aboutir, passant aussi par une capacité à mettre des financements en place, à favoriser le co-investissement et l’évaluation permanente des projets et réalisations
- Un droit opposable à l’accès à toute donnée produite par les réseaux et plus généralement à toutes données opérées par un tiers pour le rendu de services publics sur le territoire de la collectivité
- Une législation sur l’adoption de standards ouverts pour les équipements (compteurs, capteurs, …)

Ces prérequis doivent conduire à la création d’un écosystème, à favoriser la création de nouveaux services, en réponse à des besoins d’usagers, et non en réponse à des besoins d’institutions intermédiaires. Le co-design, la définition de modèles économiques plus collaboratifs, la contribution au bien commun, l’accompagnement aux usages, sont des enjeux cruciaux.

Propositions issues du rapport de Tariq Krim  Compte vérifié
#2869, le 22/01/2015 - 10:20

Promouvoir les développeurs dans l’administration (proposition 3)

L’État consacre 3 milliards d’euros au développement et à l’entretien de ses systèmes d’information.

La Cour des Comptes pointe régulièrement, à l’occasion de ses rapports, les faiblesses de l’informatique publique.

  • “L’informatique est en pratique perçue comme un simple moyen technique devant respecter un environnement réglementaire défini et des délais spécifiques alors qu’il s’agit d’une véritable ré-ingénierie des processus ;
  • Dans un contexte de maîtrise fragile des fonctionnalités, le recours aux prestataires extérieurs reste trop souvent une source de difficultés additionnelles.
  • L’administration française peine à déterminer les compétences indispensables à la conduite des programmes informatiques, ce qui la conduit à faire appel à des prestataires privés sur des champs parfois stratégiques, mettant ainsi en péril la réussite du projet et ultérieurement, la maîtrise du produit et de ses évolutions.
  • Alors que la conduite de projets de cette nature est fortement consommatrice de compétences managériales et d’expertises techniques, ces dernières sont peu disponibles au sein de l’État. Ces expériences professionnelles sont enfin peu valorisées dans les parcours de carrière des intéressés”.

Le Gouvernement a entrepris de moderniser en profondeur les systèmes d’information de l’État : il envisage de  “renforcer la démarche de mutualisation des infrastructures matérielles et logicielles et de mieux inclure l’innovation dans les démarches projets” . Il s’assigne l’objectif de diminuer la dépense annuelle hors masse salariale de 500 à 800 M€ en 3 à 5 ans sur le périmètre de l’ensemble des ministères (CIMAP de décembre 2013).

Si la maîtrise de la dépense informatique appelle des démarches d’urbanisation (elles sont en cours) et de mutualisation, elle ne progressera guère tant que les projets informatiques seront sous-traités aveuglément à de grandes sociétés de services et à de coûteuses assistances à maîtrise d’ouvrage. Il faudrait cesser de voir chaque projet de développement logiciel comme autonome et non évolutif : les projets devront s’appuyer sur des briques numériques réutilisables et des méthodes de développement agiles.

Les développeurs sont souvent bien placés pour mettre en oeuvre ces nouvelles approches (développement agile, mutualisation) et leur implication dans les choix stratégiques renforcerait l’efficacité de l’action publique. Les administrations gagneraient ainsi à promouvoir des développeurs aux postes de responsabilité pour la conduite des projets numériques.

relai_ville_de_brest_6b
#2579, le 08/01/2015 - 13:52

Développer des offres Internet bas coût et faciliter l’appropriation des usages

En réponse au défi : Permettre l’accès de tous au numérique

Pour permettre l’accès de tous aux services numériques, il conviendrait à l’Etat de favoriser l’accès à internet à un coût accessible sur l’ensemble du territoire. Cette appropriation des usages qui en découlent doit également être facilitée par un vocabulaire non technique et une conduite du changement.

relai_ville_de_brest_6b
#2578, le 08/01/2015 - 13:51

Définir un cadre normatif

En réponse au défi : Pérenniser l'information numérique

Pour que la donnée soit pérenne il serait nécessaire de définir un cadre normatif afin d'en assurer l'exploitabilité dans le temps. Le cycle de vie de la donnée doit être défini dès sa création dans une perspective de dématérialisation de bout en bout, soit jusqu'à son archivage à valeur probatoire.

Propositions issues du rapport de Tariq Krim  Compte vérifié
#2868, le 22/01/2015 - 10:10

Une feuille de route technologique pour l’État, les ministères et les opérateurs publics (proposition 2)

Nous sommes entrés dans un nouveau cycle technologique avec la migration vers les mobiles, l’avènement des objets connectés et l’internet des objets, le cloud, HTML5 et la révolution des données massives.

Ces ruptures technologiques affectent l’ensemble des domaines d’activité et, de ce fait, l’ensemble des politiques publiques : santé, éducation et transition énergétique, en premier lieu. Alors que la politique industrielle, au travers des plans industriels, promeut les technologies mobiles et les objets connectés, alors que les usages mobiles se généralisent, tandis que les usages du web sur ordinateur, commencent à régresser, les grandes politiques publiques (santé, éducation, énergie) tardent à prendre la pleine mesure de l’Internet mobile.

Les démarches de e-santé sous-estiment l’apport des applications mobiles et de la nouvelle génération de dispositifs médicaux connectés à la prévention comme au traitement des maladies chroniques. Elles n’ouvrent que très peu d’espaces d’opportunité pour les start-up françaises qui travaillent à la mise au point de ce type de solutions. L’éducation numérique est bâtie avec une colonne vertébrale, les espaces numériques de travail (ENT), dont le schéma directeur remonte à 1999. L’architecture des ENT n’a pas été pensée pour la nouvelle génération d’usages mobiles : elle bride le déploiement des terminaux mobiles et des manuels numériques.

Cette situation rappelle un peu celle des années 94-97 quand les administrations ignoraient superbement Internet, voire tentaient même d’y faire barrage. Dans un discours marquant, en 1997, Lionel Jospin prenait acte d’un nouveau cycle technologique : il sonnait le glas d’une génération de services en ligne organisée autour du Minitel et enjoignait aux administrations de mettre en œuvre les technologies de l’Internet.

C’est un tournant de même nature qu’il convient d’engager : il s’agit de synchroniser les choix technologiques qui sous-tendent la politique industrielle (mobile, objets connectés, cloud), la modernisation de l’action publique (MAP) et les stratégies numériques sectorielles (éducation, santé, énergie). Cette difficulté à fixer des orientations technologiques aux administrations tranche avec la situation qui prévaut dans d’autres pays.

Dans le mémorandum qu’il consacrait au " gouvernement numérique du XXIe siècle", en mai 2012, Barack Obama enjoignait les agences américaines de mettre en œuvre, dans les 12 prochains mois, une stratégie visant à " permettre à des citoyens américains de plus en plus mobiles d’accéder à des informations et des services numériques de qualité en tout lieu, à tout moment et sur tout type d’appareil". Cette stratégie numérique se déclinait en une série de recommandations technologiques, formalisées dans une Stratégie fédérale de mobilité. La stratégie numérique du Gouvernement britannique prévoit que les services numériques de l’État devront " être conçus pour fonctionner sur une large gamme d’appareils, en particulier mobiles. Quant aux applications natives, liées à une plateforme mobile, elles ne pourront être réalisées qu’une fois le service de base pleinement accessible aux terminaux mobiles ”. Elle préconise la généralisation des démarches de “Web adaptatif” (responsive design) ainsi que le recours aux standards ouverts du Web pour les services mobiles, c’est-à-dire HTML5.

La feuille de route numérique du Gouvernement gagnerait à être complétée par une feuille de route technologique. A l’intention des directions responsables des systèmes d’information de l’État et des opérateurs publics (c’est en cours), mais aussi et à l’intention des ministères en charge des politiques numériques sectorielles (santé, éducation, énergie, notamment).

  • De nature prescriptive, cette feuille de route définirait quelques axes technologiques : prise en compte des terminaux mobiles (mobile first), web adaptatif (Responsive Design) pour le web public, recours aux standards ouverts du Web (HTML5, en premier lieu), logiciel hébergés dans des architectures de type cloud, utilisation et ouverture d’accès aux données grâce à des interfaces de programmation (API) qui permettent notamment d’ouvrir facilement l’accès à des applications mobiles, primauté à l’usage de briques logicielles réutilisables et standardisées (librairies, code implémenté) qui seraient mises sur des forges logicielles ouvertes de type Github.
  • Un “Github” Français, permettant aux services de l’Etat, des collectivités locales et de leurs partenaires de structurer l’ensemble des librairies et briques technologiques essentielles de la France et accessibles aux développeurs, serait un pas en avantmajeur pour notre pays.

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