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La contribution #495

Adrien Fabre
#495, le 08/10/2014 - 22:24

Construire une architecture distribuée

La France, ou l'UE, pourrait devenir le leader technologique du web 3.0, si elle développait un programme d'investissement cohérent afin d'offrir de manière simple et groupée tous les outils du web de demain.

Pour protéger la sécurité de ses informations personnelles, le mieux est de les conserver soi-même, et de choisir à qui on donne les droits d'accès. Cela peut être fait en ayant un serveur personnel chez soi, mais personne ne veut de ça. Par contre, si on développait une box qui comprend des fonctions de stockage, avec une sécurité exemplaire pour se connecter à la box et partager les données qu'on souhaite, chacun pourrait conserver ses données personnelles loin des serveurs centralisés de telle ou telle entreprise.

Il faudrait donc développer une nouvelle box, associée à un logique permettant d'accéder aux contenus de celle-ci et de gérer les droits d'accès. Développé de concert avec une gestion de l'identité sécurisée (type Web ID + tiers de confiance institutionnel), une interface utilisateur à la fois simple et riche en fonctionnalités (grâce à des plugins notamment), tout ceci en logiciel libre et en respectant les exigences du web sémantique évidemment, nous aurions un nouvel usage d'internet : les recherches seraient améliorées grâce aux classements sémantiques effectués collaborativement, les données sécurisées dans un immense cloud collectif, le système résilient aux attaques par déni de service puisque les informations seraient décentralisées, la possibilité de se connecter aux sites en un seul clic - pas la peine de retaper mille fois ses mail, adresse, etc. (avec la possibilité offerte d'une sécurité totale grâce aux empreinte digitales par exemple).

La raison pour laquelle ce que j'ai décrit n'existe pas est simple : elle suppose le support d'une organisation importante, comme une grande entreprise ou un État. Or les géants du web n'ont pas du tout intérêt à construire un web décentralisé en logiciel libre, puisqu'ils tirent leur richesse de la main-mise sur l'information ; et les États sont trop timorés ou ignorants des enjeux informatiques pour entreprendre une telle aventure. Aussi, je pense que l'UE devrait financer un tel programme.

2 arguments pour ∨

Julien Blanc
#1896, le 05/12/2014 - 15:42

Le problème réside aussi dans l’architecture du réseau. Une ligne ADSL ne se prête pas à un auto-hébergement dans des conditions convenables, tout simplement parce que le débit n’est pas symétrique : il est élevé pour consommer du contenu, faible pour en distribuer au reste du monde.

Avec la fibre, les choses s’améliorent, le débit étant théoriquement symétrique, mais cette technologie est minoritaire, et, pire, les opérateurs brident l’upload, car leurs infrastructures derrière, pensées pour de l’adsl, ne sont pas toujours à même de traiter la topologie de traffic que représenterait un réseau distribué qui n’est pas le marché actuel.

Enfin, se pose la question de la sécurité des données si elles sont chez soi : que faire en cas de cambriolage de la « box », par exemple ? Des solutions à base de p2p commencent à émerger, mais on est loin de quelque chose de pratique et fonctionnel.

Gami
#1145, le 14/11/2014 - 16:14

Effectivement sur le fond, je partage le principe de réappropriation physique des données personnelles par les citoyens; c'est crédible et utile.

En revanche sur la forme, je me permets plusieurs remarques:

- une telle box sera techniquement un serveur personnel (et vraisemblablement auto-hébergé), donc j'ai du mal à comprendre l'opposition qui en est faite dans la description; j'imagine qu'il s'agit plutôt d'une question d'ergonomie.

- pourquoi développer une nouvelle box alors qu'il suffirait de proposer des ressources (développeurs, argent) sur les projets déjà existants? OwnCloud, YunoHost, cozyCloud, les travaux de l'équipe SMIS (INRIA de Rocquencourt) ...
Des exemples sur lesquels un certain travail a été fait autour des fonctionnalités comme de la sécurité, et d'autres que je n'ai pas en tête sont tout autant à envisager avant de partir bille en tête dans un nouveau projet à la réalisation lourde.

- Ce projet nécessite de prendre en compte les problématiques de fracture numérique.

Néanmoins, il convient de mettre en lumière les énormes avantages qu'un tel projet peut apporter:

- Réappropriation optimale des données personnelles: en imaginant un système similaire à OpenID, on peut choisir clairement quelles données transmettre à quel organisme, simplement.

- Requêtes administratives simplifiées: Si l'administration (et d'autres organismes) accepte de communiquer les documents de manière normée (via une API?), la box pourait alors les récupérer automatiquement. Toujours grâce à un système similaire à OpenID, on peut transmettre de manière groupée un ensemble des documents à l'administration qui en fait la demande tout en contrôlant de manière fine ce qu'on en transmet. Bref: on passe d'un casse-tête connu de tous les français (ah la paperasse...) à quelques clics sur l'interface de la box (pour un peu que l'administration demandeuse fournisse sa demande de documents sous une forme que la box peut traiter informatiquement); que du bonheur, et il ne s'agit ici que de l'interaction avec les administrations ici.

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