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La contribution #3196

Jean-Marie Gilliot
#3196, le 29/01/2015 - 17:44

Pour une reconnaissance explicite des données d'apprentissage, productions et d'un statut de l'apprenant

La question de l'usage des données numériques des apprenants dans le cadre de l'éducation est actuellement lissée dans le flou, ou préempté selon des points de vue obsolètes. Il n'y a pas actuellement pas d'explicitation du droit des données de l'apprenant vu de l'apprenant, mais plutôt comme des limites vu du chercheur (codes d'éthique) ou de l'entrepreneur (respect de la vie privée). L'objectif est d'éviter qu'un apprenant (élève, étudiant, professionnel en formation, citoyen ...) ne soit obligé d'accepter des conditions qui iraient contre ce droit pour accéder à un service lié à la formation.

Ces données sont de trois types :

  • Les traces laissées en interagissant avec les dispositifs qui sont potentiellement recueillies et exploitées par les plate-formes, qui incluent les résultats aux exercices d'application, les temps passés à lire, à visionner, à pratiquer, les interactions, les courbes de progression, avec une granularité allant jusqu'aux simples clics ;

  • Les résultats aux évaluations, sanctionnant leur réussite, et permettant la délivrance ou non de diplômes, attestations, certificats ou autres badges. Ces données sont hébergées par les établissements et/ ou par des plate-formes privées ;

  • Les productions des apprenants dont le statut est actuellement déterminé par l'hébergeur, éventuellement l'équipe enseignante responsable du dispositif/cours dans lequel la production se déroule.

Il est important de permettre aux apprenants de parvenir au contrôle de leurs données dans leurs différentes formes pour répondre à un des enjeux majeurs pour l'éducation qu'est la question de l'émancipation. Dans ce cadre, l'enfant est un adulte en devenir. Les enjeux sont :

  • de permettre l'exploitation personnelle de ses données pour donner la possibilité à chacun d'exploiter ses données en fonction de ses propres objectifs, et de construire son propre CV/portfolio/ storytelling ;
  • d'encourager des interactions sociales choisies. Actuellement, les interactions sont limitées dans le cadre des cours, donc soit des institutions, soit des services privés. Les données extraites peuvent être reinvesties dans d'autres services pour démarrer un autre apprentissage, pour présenter des exemples de parcours, …
  • de permettre la reprise, la publication et le partage de travaux menés lors d'apprentissage, notamment lors de projets, de production de contenus, … L'idée est de considérer les productions des apprenants 1) comme relevant du droit de l'étudiant, 2) comme ressource pédagogique à part entière et de relever du même statut, de préférence de type biens communs par défaut.

Techniquement, il s'agit donc de découpler les données des plate-forme pour permettre à l'apprenant (ou son représentant légal s'il est mineur) de les ré-exploiter selon ses besoins. Elles doivent donc être extractibles comme toute open data et conservées par l'apprenant avec des formats ouverts pour ré-exploitation. Il est donc important de définir un statut pour ces données qui donne corps à cet apprentissage tout au long d'une vie.

Ce statut de l'apprenant doit permettre de l'intégrer dans la réflexion de manière équilibrée avec les institutions, les enseignants, les plate-formes éditrices de contenus (éditeurs, MOOC), les chercheurs, et les nouveaux services innovants qui pourront être proposés si ces données sont découplées des plate-formes sources.  

Merci d'avance pour vos compléments

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