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La contribution #1237

Gami
#1237, le 18/11/2014 - 19:45

Adapter le logiciel libre aux besoins de l'État

Derrière ce titre provocateur se trouve un constat un peu décevant: l'État (via ses administrations et comme beaucoup d'entreprises d'ailleurs) utilise les logiciels libres comme un simple consommateur, sans penser qu'il a le pouvoir d'adapter finement beaucoup de ces briques logicielles à ses propres besoins.

D'un autre côté, une grande partie des décideurs encense le monde du libre en en reconnaissant principalement - voir uniquement - le côté gratuit, alors qu'il n'est maheureusement pas si gratuit que ça: dans la plupart des projets libres, les contributeurs (qui passent leur temps à développer et maintenir une solution logicielle) ne sont pas payés pour leurs contributions, et ont un travail à côté, ce qui limite le temps qu'ils passent sur leur projet et donc la capacité du projet à évoluer. 
Bien souvent, ces projets vivent de deux choses:

  • des développeurs, bénévoles pour la plupart (souvent la totalité), qui pour ces derniers prennent sur leur temps libre pour créer un logiciel sécurisé, fonctionnel et agréable à utiliser
  • des dons, qui servent à payer des infrastructures (serveurs,...) et si possible des développeurs

 

L'État a un grand intérêt à contribuer lui-même aux projets libres qu'il utilise, il tirera de son investissement plusieurs avantages:

  • il peut s'assurer de la sécurité du logiciel si il décide d'audits (ou plus simplement de revues du code source), élément important pour garantir la souveraineté nationale à ce niveau
  • il peut faire évoluer les fonctionnalités ou l'interface dans le sens où il en a besoin. On peut par exemple penser à développer une interface à libreoffice mieux adaptée aux besoins des fonctionnaires, participer à développer une appliance de supervision facilement déployable dans une administration,...
  • la culture du libre - dont le développement de projets (informatiques ou non) - pourra se diffuser dans les administrations et améliorer à long terme leur efficacité (travail effectué plus important à effort égal ou inférieur) ainsi que la qualité du service rendu.
  • les retombées en terme d'image de marque seront importantes: l'État français participera activement à plusieurs projets d'envergure mondiale et connus du grand public, à l'instar des grandes firmes mondiales (ou de certains gouvernements, comme les USA via le NIST ou la NSA), et sa participation servira à la fois de vitrine au savoir-faire français en la matière - plutôt important mais pas encore mis en valeur, et de marque de savoir-faire pour les représentants de la France lors de négociations internationales
  • dans le cas de traductions, la langue française se retrouvera plus profondément dans les interfaces de ces logiciels, faisant ainsi des déclinaisons pleinement françaises de logiciels en partie (ou pas du tout) traduits, pour le bonheur de la communauté francophone

8 arguments pour ∨

Sylvie Péron
#3147, le 26/01/2015 - 19:41

Ne pas oublier la directive Ayrault de septembre 2012 pour promouvoir les logiciels libres dans les administrations, mais malheureusement pas beaucoup appliquée

L'argent public doit servir, comme dit plus haut, à l'intérêt général. L'État ou les collectivités locales pourraient mettre à disposition des salariés pour participer au développement des logiciels libres, au minimum pour ceux qu'ils utilisent.

Autant pour un particulier ce n'est pas forcément facile, mais pour une collectivité ce devrait être un devoir : ne pas utiliser un logiciel libre si elle ne participe pas d'une façon ou d'une autre. C'est d'ailleurs l'orientation de la directive Ayrault

fb85
#2063, le 11/12/2014 - 18:00

Pour sécuriser, optimiser les coûts et rendre le meilleur service aux usagers, il me semble qu'il faut uniformiser et normaliser les usages numériques au niveaus de tous les utilisateurs publics (Etat, Hospitalier et collectivités territoriales).

Il me semble que la première des actions, hormis la finalisation du maillage très haut débit pour tous les sites publics, serait de mettre en place des datacenter gérer par des informaticiens publics -Etat, Hospitaliers et Collectivités territoriales) sur tout le territoire pour permettre un maillage de ceux-ci pour assurer la sécurité informatique. Ainsi les données publiques seranet hébergées en France, centralisées et sécurisées accessibles par les divers outils des différentes entités publiques (un Cloud de services publics).

Ensuite, il serait nécessaire de faire des accord-cadre pour mettre en oeuvre un portail de service en client/services permettant à tout type de sociétés (logiciel libre ou commercial) de proposer des modules de services "plugables" sur le portail et permettant de satisfaire tous les services informatiques utilisés par les services publics (service de comptabilité, servide gestion de la dette, service de gestion de congé, service de traitement des permis de construire, service élections, service gestion d'entrée d'un patient, ...) Il serait nécessaire que ces services communiquent par une spécification d'interface pour offirir les données à partager et celles qu'ils souhaitent recevoir. A charge Enseuite de définir des flux de services pour organiser les traitements adaptés et personnalisés aux modes et méthodes de fonctionnement de chaque entité. Je pars du principe que le service modulaire de base est identique pour tout le monde mais pour arriver à la finalité chacun veut le faire avec son outil. Avec cette méthode, chaque sociéte du libre ou commencial offre une fonctionalité que l'on prend en fonction de ce que l'on souhaite et que l'on peut interchanger au cours du temps : la plus value se fait dans la fonctionnalité et non en rendant prisonnier le client. C'est ce que j'appelle un portail de client/service molulaire pourvant évoluer simplement donc moins coûteux car uniquement au niveau d'un service proposé avec ouverture à la concurence de tous les acteurs sur le marché (société du libre, société commerciale, voire même développement public). Avec ce principe, ce n'est pas les prestataires qui imposent les méthodes de travail par le fait de la construction de leur progiciel mais chaque entité qui construit son fonctionnement à partir de services essentiels proposés en accès sur le portail de services.

De plus, pour piloter toute l'informatique des services publics, il faudrait un vrai secrétariat d'Etat à l'informatique (et non uniquement pour l"conomie numérique) qui fédèrerait l'ensemble des informaticiens publics affectés dans différentes entités 'en infogérance) ce qui permetrait d'harmoniser les usages, diminuerait les redondances d'actions et de développement, assurerait une cohérence de fonctionnement et de sécurisation, ...

Cerise sur le gâteau : avec l'ensemble des ressources humaines existantes dans les services publics, on pourrait rêver de voir se faire un Système d'Exploitation des services publics français compatible Windows, Linux, Mac-OS, Android, ...permettant d'assurer la sécurité informatique et l'autonomie informatique des équipements utilisés au profit des services publics. Ceci autoriserait d'utiliser les logiciels les plus performant de chacun des mondes des Systèmes d'Exploitation actuels.

Mutualisation, rationalisation uniformisation et sécurité devrait être la stratégie informatique future, ceci permettrait de miniser les couts à terme et être cohérent dans les usages du numérique public.

cordialement

baueric
#1988, le 09/12/2014 - 14:20

Logiciels libres = 100 % de services. Si l'Etat participe au développement de logiciels libres réutilisables par toutes collectivités publiques il faudra bien que des sociétés de services se développent sur le territoires pour en assurer le suivi et la maintenance. Bref de nombreux emplois sur le territoire en perspective...

En outre, ne serait il pas normal que l'argent public serve à financer des biens communs ?

Toutes les collectivités locales ont les mêmes besoins et pourtant chacune y répond individuellement en passant ses marchés publics.

Pourquoi ne pas lancer un grand plan numérique à long terme en financant des solutions libres pour l'administration et en favorisant des partenariats avec des sociétés privés chargées d'en assurer le suivi et la maintenance ?

sfermigier
#1582, le 26/11/2014 - 18:48

Evidemment l'avis contraire de JP Duval ne tient pas la route:

"D'autre part, la production de logiciels libres est autant d'emplois à forte valeur ajoutée perdu, se traduisant par une perte de salaire et de pouvoir d'achat pour les particuliers, de PIB et de capacité d'exportation pour la nation, d'impôts et de taxes pour l'Etat."

Cf. http://www.systematic-paris-region.org/fr/node/22805 pour les modèles économiques.

Cf. http://cnll.fr/static/pdf/enquete-ploss-2011.pdf pour l'emploi.

Cf. http://www.systematic-paris-region.org/fr/actualites/open-source-booming... pour le dynamisme du marché du logiciel libre en France et en particulier en IdF.

sfermigier
#1581, le 26/11/2014 - 18:44

Je soutiens l'esprit de cette proposition, mais avec un bémol car elle est fondée sur une vision erronée du logiciel libre, présenté comme vivant principalement de bénévolat et de dons.

C'est très mal connaître l'économie du logiciel libre, qui représente 4 milliards d'Euros de CA annuel en 2014, 40000 emplois, et des modèles économiques qu'il convient de prendre en compte pour pouvoir faire des recommandations pertinentes.

A ce sujet, je renvoie sur le "livret bleu" dont je suis le co-auteur sur les modèles économiques du logiciel libre:

http://www.systematic-paris-region.org/fr/node/22805

Pierre Pfister
#1372, le 22/11/2014 - 10:28

On ne peut plus d'accord. L'état a pour mission d'oeuvrer pour le bien commun. Participer au développement des logiciels libres qui peuvent être utils à l'état c'est non seulement faire des économies de budget, mais également investir dans un bien commun à l'ensemble des citoyens et entreprises nationales.


#1580, le 26/11/2014 - 17:16

@ Jean-Pierre DUVAL
"D'autre part, la production de logiciels libres est autant d'emplois à forte valeur ajoutée perdu" : non, les salaires ne sont pas moins élevés dans les technologies libres et c'est même le secteur qui embauche le plus.

Léonard Michelet
#1421, le 23/11/2014 - 23:29

Je suis bien d'accord avec cette proposition et je rajouterai que ce n'est peut-être pas à l'État de contribuer directement au développement de logiciels libre, par contre lorsque l'État fait appel à une entreprise privée pour lui développer un logiciel, il devrait demander accès aux sources et l'authorisation de modification. Elles pourraient être rendues publique où non, mais elles appartiendraient à l'État donc l'argent dépensé aurait servi à créer un bien public.

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2 arguments contre ∨

Wikibuster
#3000, le 24/01/2015 - 20:08

Cette proposition est stupéfiante par son manque de logique et d'information. Tout d'abord le seul logiciel qui pèse le moindre poids significatif sur l'économie et la société c'est le système d'exploitation Linux, or ce logiciel dit "libre" ne l'est absolument pas car il est financé en presque totalité par des entreprises comme IBM et Google qui ne font pas ça par philanthropie on s'en doute. Qu'on se dise que 80% des développeurs de Linux sont des salariés et ils réalisent probablement 99% du logiciel.

Ensuite pourquoi vouloir que l'Etat s'implique dans la réalisation de logiciels, cela n'est-il pas le rôle du secteur économique ? Et s'il lui venait à l'idée de le faire ne devrait-il pas rémunerer des informaticiens dans ce but ? On financerait ainsi la réalisation de logiciels avec les impôts, là on perd définitivement le contact avec la rationalité.

En conclusion nul besoin que l'Etat finance le logiciel prétendu libre, je suggère que la marée des internautes favorables (86% sur cette proposition !) fasse des dons directement aux éditeurs de ces logiciels (IBM, Google, et quelques autres moins connus).

Jean-Pierre DUVAL
#1273, le 20/11/2014 - 10:03

Ecrire totalement ou contribuer partiellement à des logiciels libres ne fait pas partie des missions de l'Etat.
D'autre part, la production de logiciels libres est autant d'emplois à forte valeur ajoutée perdu, se traduisant par une perte de salaire et de pouvoir d'achat pour les particuliers, de PIB et de capacité d'exportation pour la nation, d'impôts et de taxes pour l'Etat.
Rappel : l'Etat est constitué de lois provenant d'hommes politiques levant des impôts pour faire des investissements et travailler ses fonctionnaires au services des citoyens.

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